‹ Proverbes dramatiques. Tome 4Chapitre 142 sur 254 · BOSE · texte numérisé non relu

BOSE

Non , non , monsieur Godiveau ; je vais chercher madame.

H. GODIVEAU

Tu vas chercher madame! Qui t’a dit que je voulais lui parler? Ne croirait-on pas que nous avons si souvent l’occasion de nous trouver seuls ensemble. TTiens, Rose, il feut que je t’ouvre mon cœur; il n’y a plus à barguigner.

[)i< ((ii’iin objet o su vous plnii e .

C’est sottise que de se taire. '

ROSE

Encore vos diables de devises! Le motiientest bien choisi potir plaisanter.

M. GODIVEAU

X cause de monsieur Dubourg? je ne porte pas le deuil de ceux qui né m’ont, jamais été bons à rien. Qu’ils vivent, qu’ils meurent, qu’est-ce que cela me fait? Monsieur Dubourg n’était pas mon père, U n’était pas de ma famille; il ne se fournissait même pas chez moi. Nicolas Goiliveau aurait pu se noyer cent fois, que uionsienr Dubourg ne s’en serait setilement pas douté. Ma foi ! je ne pleure que les gens qui m’auraient pleuré si j’eusse été à leur place. (F.i«oi r.grrai.1.-.) C’est comme avec les dames.

Dtgilized by Googk

9CKME Xli.

Mon amour janinM nr xVveilIc Oue qirind on lui rend la parcillr.

Tu n’as qu’à m’aimer pour voir.

ROSE

Madame Babylas serait d’une belle hun>eur.

W. 60MVEAD.

Qu’Iris me dise : « Je vous aime; »

Je brave Jupiter lui-méme.

ROSE

Parlez donc comme tout le monde , monsieur Godiveau. Les vers, c’est bon quand on n’a rien à dire. Voilà que j’ai perdu monsieur Dubourg qui devait me placer chez sa fille , qui devait me marier , qui devait me doter...,iQu’est-ce que vous voulez que je devienne?

M. GODIVEAU

Pbuz-tu !<; plaindra de Ion sort,

Puisque tes yeux donnent la mort?

ROSE

Un grand bonheur! Allez, allez, je vois que vous ne voulez que vous moquer dé moi.

M. GODIVEAU

I^aisse donc faire, Rosinette; j’ai plus d’expérience que tu n’en as. Il faut toujours, avec les femmes, commencer par des fad^ises^ et puis après on parle raison. Tu es jolie, je suis pâtissier, voilà de quoi faire un mariage ; moi, parce que je veux une femme qui me plaise, toi, |>our avoir un établissement. C’est-il la vérité?

LES ÜVTEBERETATIOKS.

BOSE , MHpirani.

Cê n’est que cda ! '

M. GODIVEAL'.

Je n en demande pas davantage, ma petite Rosine, je me charge du reste. Va ,

Le sentiment n’est pns liàtard;

S'il ne vient tôt, il vient plus tard

Tu m’aimeras, tu seras folle de moi; ça ne m’a Jamais manqué.

ROSE

ÏJous verrons.

M. GODIVEAU

Songes-tu au plaisir qu’il y a d’être la femme d’un hmonme qui fait les meilleures meringues de Paris ?

ROSE

Je ne m’en soucie guère-. ■

M. GODIVEAU

Mais d’autres s’en soucient, et tu t’en soucieras toi-méme quand tu verras l’argent que ça rapporte.

ROSE

Ce n’est pas non plus l’argent qui me tiendrait.

H. GODIVEAU

C’est tout simple. A ton âge '

Fillette ne désire rien "■ Qu’un bon mari qui l’aime bien.

Tu l’auras, mon enfant, sois tranquille. Si je ne

sss

^^DÈNE XH.

t’ai pas fait plus t#l nra proposition, c’est que je voulais t’éprouver. A présent que je te contrais comme moi-même, je la risque. .

ROSE. •

Vous ne renverrez pas Jacquot?

M. GODIVEAU t frooçaot le wurcil.

Hein ! '

ROSE

C’est à cause de sa tante, madame Babylas, qui va déjà m’en vouloir assez.

M. GOOiVEAC.

, Tu as de grands procédés, à ce qu’il me semble. Pourquoi donc te soucier de madame Babylas, à propos de Jacquot? Ecoute, Rose, je n’aime pas ça. Diantre! la petite commère! Tu ne perds pas la carte. Est-ce que, par hasard, tu aimerais ce Jacquot?

* ROSE, cmbarra^'«.

Dites-moi ça en vers, M. Godiveau.

M. GODIVEAU

Je ne m’étonne plus de ce que mademoiselle n’était pas intéressée, de ce qu’elle faisait tant la revêche avec moi. Elle conrptait sur monsieur Dubourg pour la marier avec son amant ; à présent qu’elle voit que son espoir est à vau-l’eau...

ROSE , pleurant

Monsieur Godiveau , j’aime encore mieux vos devises.

LES lNTEnPftÉT4p:iONS.

- M. GODIVEAU

A-t-on jamais fini de connaître une femme.

nOSC, |)Uur>i4 loujourt.

Pourquoi me feites-vous parler aussi? Je savais bien que je ne devais pas vous dire ça ; mais vous tournez les choses de manière qu’on n’a pas le temps de réfléchir.

M. GODIVEAU

Va, va, tu pourras réfléchir tout à ton aise à présent.

ROSE. V

Mais, monsieur, ne faites pas tant fi de moi; je n’étais déjà pas si folle de vous.

Page 1