SCENE III
LE COMMANDErn.
A propos, je ne vois pas le vicomte. Est-ce qu’il y mirait de la brouille ?
LA BARONNE
Conuuandeur, c’est une indiscrétion impardonnable.
Je ne sais rien, moi ; contez-moi donc cela.
IA MARQUISE, d*ua air lerieuT.
Voyons, madame la baronne, expliquez- voüi.
LA BARONNE
Non , mon cœur; vous ne m’avez pas fait de confidence. . , 1 ,
LA MARQUISE. ' ' ' • I
Confidence de quoi? -i. • i •*
LE COMMANDEUR
Je croyais dire une chose toute simple. ,
LA BARONNE
Elle ne l’avouera que quand il y aura dix ans qu’ils seront mariés. " ’
• ' LA MARQUISE. ’ ■ • " 1
Mariés ? On nous marie donc le vicomte et moi ? Alfred, saviez-vous cela aussi?
ALFRED
Je sais que plusieurs personnes le désiraient.
LE COMMANDEUR
Pour un neveu , la réponse est bien.
le; solpeb
LA MARQUISK.
Quelle est donc la fatalité qui me poursuit? J’invite vingt personnes à souper, c’est une conspiration que j’organise. Je ne puis pas recevoir le vicomte de Gabori, qui va partout et dans beaucoup de maisons bien plus assidûment que dans la mienne, sans qu’il ne soit question de mariage entre nous. (A ne un peu Je chaleur.) pitej* , continucz ; ajoute- t-on encore autre chose? *’
LA BARONNE
On ne peut qu’approuver votre choix; le vicomte est bien né.
LA MARQUISE, avec deptL
” Toujours le vicomte ! Il faudra donc que je lui fasse fermer ma porte pour prouver à ceux qui s’occupent tant de moi que je n’ai jamais pensé à lui?
LE COMMANDEUR
On croyait le contraire; son sort faisait des envieux ; il n’y a rien là de bien étonnant.
LA MARQUISE
Ce qui me fait surtout de la peine, c’est de voir mes amis, et jusqu’à Alfred, ajouter foi à ce bruit ridicule.
ALFRED
Ma tante, j’aime beaucoup le vicomte , vous le savez; c’est un homme si rare! Il n’a pas de fortune; quatorze à quinze mille livres de rentes tout au plus; il ne veut pas faire illusion; il le dit à tout le monde ; avec cela , il ne désire rien , ne demande