SCENE V
peut-être honorable; ce qui est encore bien mieux. On dira l’honorable monsieur Dupré. Tu ne vois pas où je vas, toi; tu ne t’en doutes pas. (ii se remet à lire. )
« Honnête monsieur Dupré. L’influence si bien tt méritée dont vous jouissez dans ce département; « le crédit que votre commerce et vos vertus doivent « vous attirer de la part de nos électeurs secondaires; a la rectitude de votre jugement; le dévouement et a le zèle que vous avez toujours montrés pour la n bonne cause, font un devoir à tous les’défenseurs « des saines doctrines de vous adresser leurs félici- « tâtions dans ce moment si décisif pour vous et pour «< nous. »
MADAME DLTRK.
Quel galimatias !
M. DUPRÉ, liwnl.
« T/hydre aux cent tètes devient plus menaçante « que jamais.... »
Je ne comprends pas ce qu’il veut dire.
M. DUPRÉ
Avons-nous été élevés pour comprendre tout cela, madame Dupré? On m’en dit bien d’autres; je ne fais semblant de rien ; je les laisse aller ; et je suis sûr qu’ils s’imaginent tous que c’est pour moi comme s’ils me parlaient français.
MADAME DUPRE.
Si tu ne leur donnais que ta voix , je ne dirais rien ; mais pourquoi te faire leur commissionnaire auprès
AVANT ET APRES
de nos marchands , de nos fermiers , de tous ceux qui ont conBance en toi ?
M. DDPBE.
Il faudrait donc renoncer à ma considération , et n’avoir l’air que d’un électeur comme un autre?