AGATHE, PIERRE
^ « AGATHE
Écoute, Pierre, tu es un bon garçon, un honnête «arçon - . ' .
PIERRE
Pas trop, uiaiii/(‘lle Agathe.
AGATHE
('omiiient pas trop! Pourquoi me dis-tu pas trop?
PIERRE
Dame! écoutez donc; je vois qu’on chasse d’ici tous ceux qui sont Ixiiis, tous ceux qui sont hon-
nêtos C’est-il pour nie chasser 'aussi que vous me
faites cette qiuîstion-là ?
agathp:.
Non, c’est pour te charger d’aller à la ville mettre cette lettre à la poste.
PIF,RRE, . -
Pour qui qu’elle est c’te lettre? . »a •
AGATHE
10 LE MtIVOin ElV QUENOUILLE. / '
. PIERRR. . . ■
Ma fine ! niauizelte Agathe , depis que madame a dans la tète les lubies que vous y avez mises., nous ne savons pus trop sur quel pied danser.- Nous nous méfions de tout. A la basse-cour, nous avons fait comme une convenance entre nous de ne pus faire tout juste que notre besogne, ni pus ni moins.
Or, comme ce n’est pas de ma besogne d’aller à la * poste..,.. . , .
AGATHE. V ■ ' t
C’est toujours de ta besogne tie faii'e ce que je te dis. . * • *
' ' PIEHRE.
Oh ! oui , parce que vous êtes encore dans la fantaisie de madame ; mais elle n’a qu’à changer d’avis sur votre compte. Comme disait le vieux berger qu’était ici avant moi : « Quand il n’y a plus de « règle dans une maison , qu’il n’y a que des fantain sies, il ne faut j>as se presser d’obéir. »
AGATHE
Mais sais-tu que tu peux te faire renvoyer, avec ces façons-là ?
PIERRE
Quand je vous dis que je ne peux pas l'échapper. Renvoyé pour ça, renvoyé pour autre chose, je m'attends à être renvoyé. Je connais les moutons, je les conduis bien ; mais c’est égal ; il ne s’agit (dus de ça. On mettra à ma place un ignorant qui fera le câlin auprès de vous, et, après vous, auprès de celui ou de celle qui voies remjjlacera. et madame . *
SCÈ.^E II.
perdra toü^ ses moutons les uns après les auli'es , sa.ôs seulement qu’on l’en avertisse.
* ’ ' • AGATHE
' (^ui est-èe qui te monte la tète ?
l'IEUKE. . ■ -
. Moi‘seul.‘ Quand je suis toute une journée dans les champs , que mes moutons sont bien tranquilles, que chiens dorment, que je ne puis plus parler à personne , vous croyez donc que je ne songe à rien.^ Je me remets eu mémoire comme tout* va bi^ quaml notre maître est ici. A présent tout le monde est mécontent; ceux qui s’en vont, parce qu’ils s’en vont, et ceux qui ne s’en vont pas, parce qu’ils savent bien qu’ils s’en iront.
* . \ ■ ' AGATHE. '
A qui la faute ?
^ • riLHRE.
ll'ne faut pas vous flatter, inamzelle Agathe, on n’accuse que vous. ‘
• AGATHE
Qui est-ce qui m’accuse?