‹ Proverbes dramatiques. Tome 4Chapitre 39 sur 254 · LA COMTESSE, PAQUITTA: PÉDRILLO · texte numérisé non relu

LA COMTESSE, PAQUITTA: PÉDRILLO

PÉDRILLO

Ah! le scélérat! ah! le brigand!

• - LA COMTESSE

Eh bien ! est-ce qu’il est échappé ?

• PÉDRILLO

Non, madame; et, Dieu merci! il ne s’échappera pas; mais il tient des propos qui font dresser ^les cheveux sur la tète.

PAQUITTA. ■

• * Quand on est ' en prison , il faut bien passer le temps à ‘quelque chose.

- LA COMTESSE

Quels propos tient-il donc ? . •

f . PÉDRILLO.

Il traite monseigneur... , V ‘

LA COMTESSE * '

Monsieur le comte?

PEDRILLO. • ,

*. Oui, madame; il a servi sous m'onseigneur dans le tenip.s que monsieur le comte était dans cette autre révolution.... pas dans la révolution où monsieur le

LE BRIGAIWD.

comte était quand il a. épousé madame la comtesa^ ni dans l’autre d’auparavant ; mais dans l’antre , du temps de.... enfin, dans une des premières révolutions où était monsieur le comte; et ce brigand, tout jeune alors, a toujours continué dans la même révolution que je vous dis, au lieu que monseigneur....

11 est donc jeune, cet homme? ,

PÉDRILLO

Il a l’air d’un loup ; on ne peut pas deviner l’âge d’un loup. ' .

PAQUITTA. ,

11 a l’air d’un loup ! G’est bien extraordinaire; il a • une barbe de quinze jours au moins. . •

• PÉDRILLO

Enfin, c’est un véritable bandit, un monstre qu’on devrait faire taire en lui tirant' un bon coup de, pistolet dans la tête.

PAQL'ITTA. ■ •

Pédrillo est brave.

« PÉDRILLO

Allez donc écouter ce qu’il dit à toutes ces sottes femelles qui viennent en foule pour le voir à travers .ses grilles ; ça fait frémir. « C’est encore un fier homme que votre comte! leur crie-t-il à tue-tête; ça lui a bien réussi de faire le plongeon et d’adorer toutes les idoles. Quand est-ce sera-t-il las de chan-

SCËXE II.

ger de grimaces à chaque circonstance? En a-t-il assez fait? Je suis brigand, moi, ajoute-t-il d’un ton d’orgueil; mais, on ne peut pas me reprocher autre • chose. » ., • ! .

, LA COMTKSSK.

Pauvre malheureux !

PKDRILLO.

Madame le plaint?

LA COMTKS.sk. ’

Cela q l’air d’une folie.

PÉDRILLO

Monseigneur devrait bien donner des ordres pour empêcher qu’il ne parle à personne.... Mais je ne sais pas trop comment on s’y prendrait pour les faire exécuter, tant toutes ces femmes sont assotées de voir le ravisseur de doua liianca.

LA COMTESSE

Quoi! c’est le ravisseur de la marquise?

* PÉDRILLO

Oui, madame.

PAQLTTTA.

Je ne savais pas cela. Il faut (|ue j’y retourne.

Paquitta, restez ici.

PAQLiTTj». • ^ .

Mais, madame, moi qui fie l’avais regardé que comme on regarde un brigand ordinaii-e.

LE BRIGAND

PÉÜRILLO.

Qu’est-ce que vous lui verrez de plus?

• PAQUITTA.

C’est lui personnage historique.

* LA COMTESSE

Il doit ètreJ>ien.

PÉDRILLO

Parce qu’il a enlevé une marquise, et qu’il l’a gardée prisonnière pendant plus de trois semaines.

LA COMTESSE, à elle-m^nie- ' * ,

, Ah ! c’est le ravisseur de la marquise !

* PÉDRILLO, & part.

Allons y voilà la curiosité qui va aussi gagner madame.

PAQUITTA.

'■ On dit qu’il s’est très-bien conduit avec elle , qu*ü lui a> montré beaucoup d’égards, et qu’elle ne se * . plaint jamais de lui.

LA COMTESSE

' Et ce mari, qui trouvait au-dessous de sa dignité de payer une rançon à un brigand, et qui pensait qu’il était plus convenable de lui laisser sa femme L

PAQUITTA.

Ab ! les maris î ,

LA COMTE, SSE

Paix ! Paquitla. . . .

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