LA COMTESSE, PAQUITTA, DONA FRANCISCA
, DONA FRANCISCA
Je yous apporte les gazettes, ma chèrè bru; vous verrez à quelles extravagances peut se livrer un ministre en délire. Pour le coup, je' crois que nous touchons H une catastro|)be. Dieu le veuille!
• LA COMTESSE
Je ne suis pas si hardie que vous à former de pareils .souhaits.
nONA FRANCI.SCA . ,
> De l’excès du mal naîtra le bien 4 n'en doutez pas. On .s’aperçoit déjà que les bons avis manquent ; et j’ai
SCkXE IV.
comme un pressentiment que nous ne tai-derons pas ■ à voir lever rinterdiction sons laquelle vous, mon fils et moi, nous gémissons depuis trop long-temps.
PAQÜITTA, (jui a regarde !i la fenêtre.
Madame, il n’y a plus personne dans la cour.
nONA FRANCI.SCA.
Vos nouvelles sont exagérées, Paquitta; il y a toujours quelqu’un dans quelque cour que ce soit; mais il est certain que tout ce qui porte un cœur vraiment noble, vraiment espagnol; (pie tous les véritables et sincères amis du.... Vous souriez, ma bru?
LA C0MTK.SSE.
Paquitta parle de la cour dé cette maison qui était • remplie de inonde il n’y a qu’un instant, et que Pédrillo vient de rendre libre.
UONA FRANCISCA.
Pourquoi empêcher le peuple de venir nous pré- •senfer ses hommages? De quoi se mêle Pédrillo? Est-il gagné par nos ennemis pour nous enlever jusqu’à l’ombre de la popularité? Nous ne sommes plus au temps où l’on pouvait mépriser la canaille; elle devient très-précieuse à mesure que les événemens se compliquent; chacun se l’arrache, et je vais faire rouvrir les grandes portes.
LA COMTESSE
Mais, madame, ce n’est pas nous* qui sommes l’objet de cet empressement : toute cette foule n’était attirée que par le désir de voir un brigand qu’on
LE nniG.wn.
a amené hier dans la prison qui est an pied de la ,
tour.
nONA FRAXCISCA.
Bien , bien. .l’ai entendu parler de cela. C’est , dit-on, le brigand de la marquise. Sait-on s’il i de bonnes opinions? Est-il pour nous?
PAQUITTA. ’i'
. Madame, je vais aller le lui demander. .
* ( Ella s'enfuit. )