SA.BI^LL
Tout de bon ?
ARLEQUIN
Sans doute \ car je ne suis venu ici chercher de l^ean, que pour avoir occasion de vous parler.
iSABELLE.
Eh bien , parlez-moi.
AKLEQUIK
Ah ! si vous vouliez me répondre auparavant?
ISABELLE
Vous répondre ? Mais , cela ne se peut pas.
ARLEQUIN
Pardonnez-moi , car il est inutile que je vous parle sans cela.
ISABELLE
Je vous répondrai qumd vous m'aurez parlé.
ARLEQUIN
Et si VOUS ne voulez pas me répondre , à quoi servira^i^t^il que je vous parle ?
Je ne vous comprends pas^
ARLEQUIN
Et y voilà mon malheur.
ISABELLE
Et 9 OÙ est*il ce malheur ?
ARLEQUIN
En ce que vous ne voulez pas m'aimer.
ISABELLE
Mais , je ne vous ai pas dit cela.
ARLEQUIN
Non ? Eh l vous ne voulez pas répondre , c'est la même chose.
ISABELLE
Et qaoi répondre?
ARLEQDIlf.
De votre cœur.
ISABELLE
C'est là ce que vous demandez ?
ABLEQUI9.
Et , que voule»-vous donc que je vous demande.^ mademoiseUe Isabelle , pour commencer?
ISABELLE
Je ne puis pas vous le donner , mon cœur.
ARLEQUin.
Tous ne pouvez pas ?
ISABELLE
Eh , vraimeiU , non !
ARLEQUIN
Et, pourquoi cela ?
ISABELLE
Cest qu'il y a long-temps que je ne l'ai pltis.
ARLEQUIN
Vous l'avez donné ?
ISABELLE
Mon Dieu, oui.
Et , à qui ?
A vous-même.
A moi?
Sans doute.
ARLEQUIN
A moi , à moi ? Ah ! quel bonheur ! Il y a long-temps que je vous ai donné le mien aussi. Vous ne le saviez peut-être pas non plus , vous , mademoiseUe Isabelle.
ARLEQUIN
ISABELLE
ISABELLE
Qui me Taurait dit ?
ARLEQUIN
C'est singulier qu'on change de cœur comme cela ^ Bans s'en apercevoir.
ISABELLE
Je me suis seulement aperçue que , depuis ce momeyit , je vous aimais encore davantage*
♦ ARLEQUIN
Et moi, je vous aimais encore bien plus.
ISABELLE
C'est le changement de cœur qui fait cela.
ARLEQUIN
Je le crois aussi. Je ne veux plus à présent avoir d'autre cœur que celui que l'amour m'a donné.
ISABELLE
Oh ! ni moi non plus , je vous le jure ^ c'est pour la vie^ mais il faut bien prendre garde que mon père et ma mère n'en sachent rien.
Ah ! ah ! vous faites bien de m'en avertir : car cela me fait tant de plaisir , que je voudrais le dire à tout le monde ^ et j'avais envie de les aller trouver pour cela.
ISABELLE
Gardez-vous-en bien.
ARLEQUIN
Mais, il faut pourtant qu'ils sachent comme nous nous aimons pour nous marier ensemble.
ISABELLE
Ils n'y consentiront jamais.
55o ROBERT LE DIABLE,
AmLEQUIV.
Comment , ils n'y consentiront jamais ! cela est singnlier. Et, pourquoi cela?
ISABELLE
Cest qu'ils Tculent me marier a M. Pécata.
AHLEQUI9.
M. Pécata ! QueUe bëte est cela ?
ISABELLE
(Test un meunier qui demeure à Montmartre. Bfais , j'entends ma chère mère qui est dans la maison; iiraut que je rentre \ une autre fois , je tous en dirai davantage. Adieu , mon cher Arlequin. ( EUe lui tend sa main , quil prend et quU baise.) Laisses^noi donc aller.
( Elle emporte «m rouet. ) ARLEQX3IN.
Adieu , adieu , ma chère Isabelle.