LEGROS
Cest quHl est tard , qu'il y a une lieue d*ici chez lui , et quHl ne veut pas attendre.
W. DE VÉKANTOIS.
Allons , je vais le trouver , et je vous reviens dans l'instant.
.SÇÊÎÏJE IX.
LA PRÉSroENTE, }fi^\ pE Ç^ÉRY, LE CHEVALIER,
M. DES BARDIS.
Eh bien , d'Ortalia , ne t*avais-je pas bien dit que mêiittmtdt /Vîâïantois jouait Lucinde dans tOrade ?
• M. D'ORiTALIN. ''^^
Ma fiei, J€ 4ie pouvais pas le croire.
- M. DES BARDIS.
Je ne suis pas ëtpnnëe qfi'elle veuille jouen le râle ^ Nanine après celfi.
LA PRÉSIDENTE
Je vous assure que cette distribution de rôles ^ où Je ne nf attendais pas , m'emb|irrasse .très-fort.
M. DES BARDIS.
Il fitut, madame , jouer ceux qui vous pUisçpt.
LA PRÉSIDENTE
9fali% je ne peux psts ici donner la loi , et je pe Teux pourtant' pas 'me brouiller avec madame de Vérantois pour une pareille chose.
LE CHEVALIER
Il faudra voir -, €6 ne sera peut-être pas son dernier mot.
M. DES BARDIS!
Elle s'y tiendra , je la connais.
LA PRÉSIDENTE
Mais, nous parlons là devant madame de Cléry...»,
M"». DE CLÉRY
Madame , je ne saurais blâmer vos plaintes.
LA PRÉSIDENTE
Aimez-vous à jouer la comédie, madame ?
M"». D E CLÉRY
Ah ! mon Dieu , point du tout !
LA PRÉSIDENTE
On peut donc dire devant vous tout naturellement ce qu'on pense?
M"". DE. CLÉRY,
Oui , madame. Quoique madame de Vérantois soit ma tante , je ne puis l'approuver de ne vous pas laisser le choix des rôles; et si personne ne voulait jouer , je vous jure que cela me ferait le plus grand plaisir. . .
LA PRÉSIDENTE. '
Il est sur que je serais très-fâchée de ne pas jouer les rôles sur lesquels je comptais.
LE CHEVALIER. ,
Et que je suis certain que vous jouerez à ravir.
M. DES BARDIS.
Madame , vous trouverez aisément ailleurs à les jouer ; et je sais une maison très- aimable, composée de gens que vous connaissez très-fort....
LA PRÉSIDENTE
Où l'on joue la comédie ?
M. DES BARDIS.
Oui, madame.
LA PRÉSIDENTE
Serait-ce chez la marquise de Rainval ?
M. DES BARDIS.
C est chez elle. J'y dois même jouer, en sortant
LA PRÉSIDENTE
Je ne savais pas cela. Mais je Taimè beaucoup , et je lui ai promis d'aller chez elle, cet automne.
Eh bien , madame la Présidente , allez-j, n'hésitez pas ] vous y aurez sûrement tout l'agrément que vous méritez d'avoir. Le Chevalier est de ses amis.
LA PRÉSIDENTE
Vraî ?
LE CHEVALIER
Très-fort.
LA PRÉSIDENTE
Je ne voudrais pourtant pas que madame de Yérantois pût s'imaginer que j'ai voulu lui manquer en rien ; je ne l'aime pas moins , malgré son peu d'égards.
M. DES BARDIS.
Elcoutez , mesdames , personne de nous ne se soucie de jouer ici la Comédie. Si vous y consentez , je me charge d'en faire échouer totalement le projet.
LE CHEVALIER
Réellement ?
M. DES BARDIS.
Oui 9 et sans qu'on puisse se douter qvte nous le désirons.
LA PRÉSIDENTE
Cela serait possible ?
M. DES BARDIS.
Oui , madame.
70 LE RÉPÈÏlTOiRÈ îNtJTtLE,
M»*. I>E CLERY
El , comment fëf èz-voûs ?
M. DES BARDIS.
M. de Vërantois îi a pas encore absolument consenti. . . .
LA PRÉSIDENTE
Vous lé croyez ?
M. DES BARDIS.
Cela n est point du t6ut de son goût.
LA PRÉSIDENTE
Far-là 9 je n^aurais pas de torts.
M. D'ORTALIN.
Et vous pourriez aller chez madame de Rainval.
LÀ PRÉSIDENTE
Rien ne me conviendrait autant.
M. DES BARDIS.
Je puis d(mc agir ?
LE CHEVALIER
Oui y hardiment.
M. DES BARDIS.
LàisseiE^taioi feire', et vous seréft toti§ cohtèffits.
Lk CHÈVÂLÏER,
Pouir partir d'ici tout de suite , nous nous ferons écrire des lettres.
LA PRÉSIDENTE
El faut au moins rester quelques jours.
M. DES BARDIS.
Non , madame , lliomme à qui j^ai affaire peut faiblir à la longue , et....
LA PRÉSIDENTE
Tentends quelqu'un.
liE qQfiYA|.I£|l.
M. DES BA.RDIS.
Oui , le voiei. Lairsez-moi seul avec lai , et vous reviendrez voir comme jVurai réussi.
M. D*OBTALIM.
Moi , je vais écouter , et je vous avertirai quand voas pourrez tons revenir.
M. DES BARDIS.
 la bonne heure. Allez-vous"«n tous.