SCÈNE VI
M"*. W CLAÏRÀJVGE, M. DB ROSAN
M-\ DE CLAIRANGE, éqnv»nt.
Vous ave» peut«ètre affaire, Rosan ? Que je ne tous gène pas ; quand on écrit , on n'a besoin de personne.
M. DE ROSAN.
u Vous m'avez dit que vous aviez quelque chose à me communiquer.
M œe . DE CLAIRANGE.
Eh ! vraiment oui ; c'est même pour cela que j'écris. Mais parlez, vous, pendant ce temps-là ; je vous entendrai bien.
M. DE ROSAN.
Il faut que je sache sur quoi.
M me . DE CLAÏRANGE.
Vous avez raison. Voici le fait-, je vais le proposer i mon mari , et c'est pour cela que j'ai envoyé Justine savoir s'il est chez lui ; mais il me faut votre aveu , et je crois que cela ne sera pas bien difficile. Ma fille aînée m* veut pas se marier, cela a retardé le mariage do la cadette; elles sont pourtant toutes deux en Age d'être pourvues, et je veux prendre un parti là-dessus, parc* que M. de Clairange me reproche à chaque instant 4e ne rien finir. Ce que je voudrais savoir de voue, c'est si je me trompe en pensant qu'Honorine vous plaît et qu'elle a du penchant pour vous.
M. DE ROSAN.
Madame... (j4 part. ) O ciel! quel embarras!
M œe . DE CLAIRANGE.
Vous ne répondez pas ? j'entends ce que cela veut dire. J'écrivais à votre oncle.
M. DE ROSAN.
Quoi donc ?
M me . DE CLAIRANGE.
Que ce mariage-là me convenait très-fort.
M. DE ROSAN, à part.
Mais, madame, vous pourriez toujours...
M m «. DE CLAIRANGE.
Non , je neveux pas que vous épousiez ma fille par complaisance !
M. DE ROSAN.
Ah ! si elle m'aimait !
M me . DE CLAIRANGE.
. Vous avez un frère , je crois ?
M. DE ROSAN.
Non , madame.
Ou un cousin, cela est égal.
M. DE ROSAN.
Je suis le seul qui reste d'une famille très-nombreuse, et je vous prie de croire...
M—, DE CLAIRANGE.
Eh bien , attendes ; puisque je me suis trompée , il vous sera égal d'épouser l'aînée au lieu de la cadette, et je vais mettre le nom d'Adélaïde à la place de celui d'Honorine ; vous y gagnerez même, car elle est un meilleur parti. J'aurai un gendre tel qu'il me convient , ensuite l'autre sera bientôt mariée, et l'on n'aura plus rien à me reprocher.
M. DE ROSAN.
Mais, madame* ..