ACTE II, SCÈNE IV. i5g
M"*. DE CLAIRANGE.
Éc6nte*-le , il est rempli de goût.
M. DE L'ACROTÈRE
Mon projet est une colonade qui soutiendrait un balcon, de toute la longueur du bâtiment, d'un pavillon à l'autre.
M. DE CLAIRANGE.
Oui , et qui obscurcirait tous les appartemens. Je ne veux point de cela*
M. DE L'ACROTÈRE
Mais , monsieur * considère» donc le bel effet des colonnes.
M me . DE CLAIRANGE.
Je les vois déjà \ et ce que vous appelez obscurcir les appartemens , je trouve que c'est un mérite ; la trop grande lumière fatigue la vue.
M. DE CLAIRANGE.
Et , quand cela arrive-t-il ? Vous faites toujours fermer tout. Vous venez à la campagne, pour y être sans vous en douter. Pour moi , je m'y crois souvent à Paris , privé du jour et de la salubrité de l'air. Quant a ces pavillons dont vous parlez , je ne sais ce que vous voulez dire
M. DE L'ACROTÈRE
Monsieur , ils seront à la place des tours.
M. DE CLAIRANGE.
Des tours ?
M» 4 . DE CLAIRANGE.
Oui , nous les abattons , ainsi que l'escalier et la salle à manger.
M. DE CLAIRANGE.
Et c'est pour cela que vous voulez me faire aller à Paris?
*4o LA PROPOSITION DE MARIAGE,
Sûrement ; voulez-vous rester ici au milieu des ouvriers ?
M. DE CLAIRANGE.
J'y resterai , mais sans ouvriers.
M me . DE CLAIRANGE, k M. de Y Acrotère.
En ce cas , monsieur , ce sera pour cet hiver.
M. DE L'ACROTÈRE
Quand vous le voudrez , madame.
M me . DE CLAIRANGE.
Ayez soin de vos plans , ne les égarez pas.
M. DE L'ACROTÈRE
Ne craignez rien , madame.
M*">. DE CLAIRANGE.
Lefort , dites que nous ne partons pas , et reportez tout dans mon appartement.
LEFORT
Oui, madame.