‹ Proverbes et comédies posthumes de CarmontelChapitre 159 sur 256 · ACTE III, SCÈNE III. a · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III. a

Vous tous trompez.

M. DE ROSAN.

Vous seriez moins à plaindre , si je me trompais.

M lle . HONORINE.

D me le dirait lui-même que je ne l'en croirais pas.

M. DE ROSAN.

Quel est votre aveuglement !

M n °. HONORINE.

Même en ce moment , tout me prouve qu'il m'aime , et qu'il m'aimera toujours.

M. DE ROSAN.

Ah ! gardez-vous de le croire.

M Ue . HONORINE.

• Cette assurance m'est trop chère pour que je veuille jamais la détruire.

Pardonnez-moi d'avoir osé entreprendre....

k M lu . HONORINE.

Ce qu'il vous était impossible de me persuader; votre coeur démentait votre bouche.

M. DE ROSAN.

Quoi ! lorsque je vous assure....

M Ue . HONORINE.

Oui , que je ne suis plus aimée du seul objet qui ' poisse me rendre heureuse \ et vous serez forcé bientôt ?ous-même d'en convenir.

M. DE ROSAN.

En ce cas , je me repens....

M u ». HONORINE.

Vous n'avez point de torts , soyez tranquille.

M. DE ROSAN.

Vous me pardonnez ?

a6o LA PROPOSITION DE MARIAGE,

M Ue . HONORINE.

Ah ! croyez que bien loin de me trouver offensée , je me plais à penser que je ne peux que me louer de vous.

M. DE ROS AN, à part.

Avec quelle ironie elle jouit du plaisir de me désespérer! Allons trouver sa sœur et justifier Saint- Àlphart.

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