‹ Proverbes et comédies posthumes de CarmontelChapitre 162 sur 256 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

M me . DE CLAIRANGE", M lu . HONORINE, M. DE CLAIRANGE, JUSTINE.

M. DE CLAIRANGE.

Eh ! madame , d'où venez-vous donc ? quand on a besoin de vous , on ne vous trouve jamais.

Vous ne vous occupez de rien, cela fait que vous avez toujours du loisir; mais vous ne savez pas ce que

je viens de faire - y c'est un marché admirable , vous en serez ravi.

M. DE CLAIRANGE.

Voilà ce que je ne crois pas. Ecoutez-moi.

M me . DE CLAIRANGE.

Je comble tous les fossés du château , je remplis le grand canal ; et, d'ici à près d'une lieue , en détruisant le parterre , et en commençant de la maison , . vous aurez une prairie immense, dans laquelle couleront mille petits ruisseaux charmans ! Rien ne sera plus délicieux et plus utile.

M. DE CLAIRANGE.

Quelle folie !

U me . DE CLAIRANGE.

Ce n'est «pas tout , ce n' est pas tout : il n'y aura nulle part une plus belle vue ; vous aurez des ponts à chaque pas , ainsi que des barrières , et vous croirez être à mille lieues d'ici , parce que tous vos arbres seront étrangers , et cela ne vous coûtera pas un sou , parce que j'abats le parc et la grande futaie , et que cela produira de quoi payer les mouvements de terre pour faire les montagnes , les nouvelles plantations et les trois machines à feu qu'il faudra pour multiplier les ruisseaux.

Et avec quoi vous cbaufferez-vous l'hiver ? Sera-ce avec ces ruisseaux ?

M*'. DE CLAIRANGE.

Mais ne plaisantez, pas : ils nous serviront à faire venir du bois de Paris , en remontant dans de petits bateaux de la Seine ici ; ee sera même un coup d'oeil charmant et à quoi je n'avais pas peftfté.

M. DE CLAIRANGE.

Voilà bien la plus grande extravagance!.... Mais eHt ne se fera pas.

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