SCÈNE XI
M"*. DE CLAIRANGE, M lle . ADÉLAÏDE, M. DE CLAIRANGE, M. DE ROSAN, M. DE SAINT- ALPHART.
M. DE ROSAN.
Madame , mon oncle va arriver dans l'instant $ je He sais ce que je dois faire.
M me . DE CLAIRANGE.
Vous ne voulez pas épouser Adélaïde ?
Moi , ma mère ?
M. DE ROSAN.
Ne vous alarmez pas , mademoiselle-, Saint-Alphart «ait bien qu'il n'a rien à craindre.
M me . DE CLAIRANGE.
Écoutez , voici ce qu'il faut que vous fassiez ; mais ne perdez pas un instant. Si vous n'avez pas vos chevaux , prenez ceux de monsieur et partez tout de suite par la porte du parc. Non, non, prenez plutôt les
270 LA PROPOSITION DE MARIAGE, miens; mes gens y sont toujours, et ceux de M. de Clairange se promènent sans cesse.
M. DE ROSAN
Où voulez-vous que j'aille.
M me . DE CLAIRANGE.
Où? Ah ! je m'en vais vous le dire. Pendant qu'on mettra les chevaux , entrez chez moi , vous y trouverez du papier, de l'encre \ voilà ma olef. Non , elle est à la porte du boudoir.
M. DE ROSAN.
Oui , mais hâtez-vous de me dire ce que vous voulez que j'écrive; je crains d'être surpris par mon oncle.
M me . DE CLAIRANGE.
Vous lui écrirez que vous venez de recevoir une lettre de votre colonel , et qu'il vous mande de partir sur-le-champ pour votre régiment. Laissez la lettre sur ma, table , je l'enverrai chercher, et partez promptement.
M. DE ROSAN.
Allons , je fais ce que vous m'ordonnez. (A. part.) Je vais donc perdre tout espoir !