SCÈNE XIII
M me . DE CLAIRANGE, M llc . ADÉLAÏDE, M 11 '. HONORINE, M. DE CLAIRANGE, M. DE SAINT-ALPHART, LE BARON.
Madame , vous voyez que je ne perds pas de temps ; aussitôt la proposition acceptée, j'arrive : voilà comme itsuii. Bonjour, mon cher Clairange-
( Il salue les autres. ) M me . DE CLAIRANGE.
Je suis bien fâchée que vous n'ayez pas reçu toutes les lettres que je vous ai écrites , parce que...
je viens de faire ; c'est un marché admirable , vous en serez ravi.
M. DE CLAIRANGE.
Voilà ce que je ne crois pas. Écoutez-moi.
M me . DE CLAIRANGE.
Je comble tous les fossés du château , je remplis le grand canal ; et , d'ici à près d'une lieue , en détruisant le parterre, et en commençant delà maison, vous aurez une prairie immense, dans laquelle couleront mille petits ruisseaux charmans ! Bien ne sera plus délicieux et plus utile.
M. DE CLAIRANGE.
Quelle folie !
M œe . DE CLAIRANGE.
Ce n'est .pas tout, ce n'est pas tout : il n'y aura nulle part une plus belle Yue ; vous aurez des ponts à chaque pas , ainsi que des barrières , et vous croirez être à mille lieues d'ici , parce que tous vos arbres seront étrangers , et cela ne vous coûtera pas un sou , parce que j'abats le parc et la grande futaie , et que cela produira de quoi payer les mouvements de terre pour faire les montagnes , les nouvelles plantations et les trois machines à feu qu'il faudra pour multiplier les ruisseaux.
Et avec quoi vous chaufferez- vous l'hiver ? Sera-ce avec ces ruisseaux ?
M"". DE CLAIRANGE.
Mais ne plaisantez, pas : ils nous serviront à faire venir du bois de Paris , en remontant dans de petits bateaux de la Seine ici -, ce- sera même un coup d'oeil charmant et à quoi je n'avais pas petfsé.
M. DE CLAIRANGE.
Voilà bien la plus grande extravagance}.... Mais elle ne se fera pas.