ACTE 11, SCÈNE I
M rae . DE BLÉRANGE.
Ma bonne , encore un peu de patience , je t'en prie.
M lle . PRÉDEAU. '
Vous êtes sûre que M. de Saint- Albe connaît le fond de votre âme, que voulez-vous de plus?
M. DE MARCI
Elle a raison au moins, mademoiselle Prédeau.
M 1,e . PRÉÔEAU.
Comment ferez -vous vis-à-vis de madame votre mère , qui est vive et qui sera furieuse de n'avoir pas été dans votre confidence*?
M me . DE BLÉRANGE.
Mais songe donc qu'elle m'aurait désapprouvée.
M ,le . PRÉDEAU.
Sûrement ; mais elle voudra repartir si elle croit que vous n'aimez plus M. de Sain t- Albe , ou elle voudra vous marier à un autre.
M œe . DE BLÉRANGE.
Mais vraiment, c'était bien son projet.
M. DE MARCI
A propos, comment avez-vous fait, lorsqu'elle vous a proposé un nouveau parti ?
M me . DE BLÉRANGE.
Je lui ai dit que rien ne pouvait changer U résolution où j'étais de n'épouser que M. de Saint- Albe. Gela l'a impatientée , et elle l'a envoyé chercher pour lui proposer d'épouser ma belle-sœur.
M. DE MARCI
Qu'a-t-il répondu ?
M me . DE BLÉRANGE.
Qu'il n'épouserait jamais que moi.
M. DE MARCI
A merveille !
M mc . DE BLÉRANGE.
Elle lui a dit qu'elle était certaine que je ne l'aimais plus.
M. DE MARCI
Ah ! ah I^cela est adroit.
M rae . DE BLÉRANGE.
Il Fa assurée qu'il ne le croirait que lorsqu'il l'apprendrait de ma bouchç , puisque je lui avais dit le contraire devant elle-même.
M. DE MARGI.
Son impatience doit être au comble.
M œe . DE BLÉRANGE.
Elle l'a quitté avec humeur , lui protestant qu'elle ne se mêlerait plus de nos affaires , puisque nous la traitions avec si peu d'égards -, cependant elle vient de lui écrire qu'elle voulait encore absolument lui parler.
M. DE MARCI
On ne le trouvera pas , puisqu'il va se rendre ici.
M lle . PRÉDEAU.
J'entends sonner.
M me . DE BLÉRANGE.
Sûrement c'est lui ; cachez - vous , et vous serez averti quand il faudra vous montrer.
M. DE MARCI
Allons ; mais arrangez-vous pour que tout soit terminé promptement.
M me . DE BLÉRANGE.
Je ferai tout ce que vous voudrez.
M lle . PRÉDEAU.
Madame , allez ouvrir , je vais cacher M. de Marci. Venez , monsieur , venez avec moi , vous entendrez ce que M. de Saint-Albe dira à madame.
M. DE MARCI
Oui, et je me conduirai en conséquence.