ACTE II, SCÈNE VIII. r
M. DE SAINT-ALBÈ.
Elle ma montré un méprô excessif pour Fhomnte qu'elle saurait être inconstant.
M DE MAfcCl.
C'est qu'elle ne se croit pas l'objet de ton inconstance. En pareil cas, les femmes pardonnent toujours. Leur vanité les rend indulgentes.
La mauvaise opinion que tu as des femmes t'en fait parler aussi trop légèrement.
Ceux qui en disent quelquefois du mal plaignent leur faiblesse -, mais ils ne se conduisent pas pour cela avec elles de irfanïère à avoir des tort».
Des torts ?
M. DE AAttCl.
Sans doute. Madame de Blérange n'aurait-elle pas à se plaindre de toi , si elle &âvait PittfidéHté que tu lui fais ?
M. DE SAINTUALBÊ.
Ah ! que ne ressemble-t-elle tout-à-fait à Laurence !
M. DE MARCI
Tu dois oublier Laurence.
M. DE S-AINT-ALBE,
L'oublier ?
M. DE MARCt
Sans doute. Cette fantaisie citait disparaître entièrement. Tu as l'âme honnête -, elle troublerait ton repos.
M. DE SAINf-AtBE.
Tu penserais
M. DÉ MARCI
Crois-tu pouvoir toujours retarder ton mariage ? Sur quel, prétexte ? Si madame de Biévafflge fçiflt de
i36 LA SINGULIÈRE DÉLICATESSE,
se prêter à ton peu d'empressement, cette feinte peutelle durer encore long-temps ? Tu diras vainement à madame d'Orceil que tu n'en yeux pas épouser d'autre ; il faut des raisons pour accompagner ce retard.
Il est vrai.
M. DE MARCI
Qui sait même si elle n'apprendra pas ces visites secrètes que tu fais ici ?
Tu me fais frémir.
M. DE MARCI
Et tu le dois. Veux-tu perdre de réputation , déshonorer une jeune personne de qui tu admires sans cesse et la délicatesse et la vertu ?
Ah ! mon cher de Marci !...
M. DE MARCI
Rends-toi donc à ces réflexions, et approuve le parti que j'ai pris pour te tirer dé la peine où je te voyais prêt à te plonger.
Quel parti ?
M. DE MARCI
Rapporte-t-en à mon amitié pour toi ; il n'y avaii que ce moyen, et je l'ai saisi.
Achève donc promptement.
M. DE MARCI
J'ai parlé en ton nom.
Tu me fais languir. ...
M. DE MARCI
J'ai dit à la mère de Laurence que tu voulais qoute