ACTE III, SCÈNE XL i
M. DE SAINT-ALBE, se «tournant.
Grand Dieu? quoi! je retrouve....
M* e . DE BLÉRANGE.
Celle qui n'a jamais cessé de vous aimer.
Ah ! madame , quelle manière délicate de me re- 1 procher mon infidélité ! C'est sous les habits de Laurence que vous voulez me confondre , et
BT". DE BLÉBANGE.
Non , monsieur de Saint- Àlbe ; c'est sous les miens que je me suis plu à vous inspirer l'amour le plus tendre. Vous ne m'avez jamais été infidèle.
Il est vrai que la ressemblance parfaite de Laurence avec vous est la seule cause de mes torts.
M» - . DE BLÉRANGE.
Je vous les pardonne -, la connaissance que vous avez eue de son cœur , a fixé le vôtre ; Laurence est avons pour toujours.
Que dites-vous , madame ?
M mt . DE BLÉRANGE.
Vous croyiez l'avoir perdue , mais je vous ai trompé.
Je ne comprends pas...
M me . DE BLÉRANGE.
Je craignais que vous ne connussiez pas toute l'étendue de mon amour pour vous , et c'est sous le nom de Laurence que je me suis assurée de la durée du vôtre.
M. DE SAJNT-ALBE.
ciel ! quel serait mon bonheur.
M m '. DE BLÉRANGE.
Un caprice étrange m'avait rendue jalouse de moi-
164 LA SINGULIÈRE DÉLICATESSE, même ; mais , pour vous venger de tout ce que je vous ai fait souffrir , si vous n'aimez plus madame de Blérange , aimez toujours Laurence.
Quelle délicieuse erreur. Ah ! madame ! vous seule pouviez la causer.
M me . D'ORCEIL.
Si je me suis prêtée à cette folle délicatesse , c'est que j'étais bien sûre qu'elle amènerait cette union que je désirais depuis long-temps
M. DE MARCI
Moi , je n'ai consenti à tromper mon ami que pour augmenter son bonheur.
Oh ! je suis sûr que vous partagez tous ma joie. ( A madame de Blérange, ) Madame , si j'avais pu douter un instant de votre cœur , vous me prouveriez que c'est faussement qu'on peut croire que dans le monde on ignore l'art de bien aimer.