SCÈNE VIL
M™^ DORBAC.
Me ramenez-vous déjà ma fille , madame ? Je me doutois bien qu'elle vous montreroit bientôt tous ses défauts.
M"^ DE SAINT-CYR
Je ne devrois pas, madame, juger d'elle si promptcment , mais je suis si surprise de ce que je vois en elle que je n'ai pu attendre si long-temps pour vous le dire. C'est un ange , j'ai eu une conversation qui m'a surpris , sa douceur est charmante, son esprit passe son âge, son cœur m'a encore fait plus déplaisir, elle conserve pour vous une tendresse et unres-^ pect qui lui font prendre sur elle tout ce qui s'est passé entre vous; elle agit comme
1)E MADAME Dfe MAlNTENOIf. l4^
elle parle , elle est déjà adorée chez moi ; et, si elle continue comme elle commence, ce dont jerépondrois après ce que j'ai vu, je crois, madame, que je l'adopterai et vous laisserai mon fils.
M"^® DORBAC.
Je n'en suis pas si contente , il fait un bruit horrible ; j'ai voulu lui parler làdessus, il l'a très-mal reçu, et nous ne serons pas long-temps amis.
M"*® DE SAINT-CYR
Il étoit chez moi doux comme un mouton. Voici madame Morin qui vient pour vous parler.
M™® MORIN
Monsieur de Saint-Cyr voudroit vous parler.
M™^ DORBAC.
Permettez-moi de sortir un moment.