M. SAINT-ALBIN
Rien ne m'est plus fâcheux que de le raconter, .l'avois la plus grande estime
qu'on puisse avoir pour M. Almaric; tout ce qu'il me disoit, me charmoit ; tous ceux qui m'en parloient, confirmoient les sentiments que j'avois pour lui. Le hasard l'a amené dans ma maison. Comme je ne l'attendois pas, je n'ai point eu de chambre à lui donner; je lui ai offert la moitié de la mienne, et nous n'avons pas été deux heures ensemble, que je l'ai vu fort extravagant ; il a fait fLiire et défaire son lit quatre fois de suite; il a pensé battre son valet; il sortoit de table, il a fallu lui redonner à manger; il s*est endormi sur une chaise, parce que son lit s'est trouvé trop bon; il s'est éveillé en faisant un bruit horrible, sans se soucier de m'éveiller ; enfin, c'est un homme insupportable , je m'en vais tacher de m'en défaire.