‹ Proverbes inédits. PubliésChapitre 203 sur 221 · SCENE ir · texte numérisé non relu

SCENE ir

M™* DE SUFFRIN.

Sortez, ma fille, avec votre gouvernante, j'ai affaire.

M. MARTY

Vous no voulez pas, madame, que j'aie l'honneur de vojis parler devant elle?

j,mc jjp SUFFRIN.

Il faut traiter nos affaires tête à tête.

M. M ART Y

Je vous ai tout dit, madame, en vous demandant mademoiselle votre fille pour monsieur Daigrefeuil.

M"'^ DE SUFFRIN.

C'est une proposition si avantageuse pour elle, que je ne puis la refuser. J*ai la procuration de son père qui est absent, et ainsi nous pouvons dresser les articles.

M. MARTY

Vous n'avez qu'à ordonner de tout, madame, et prendre le jour avec vos gens d'affaires. Monsieur Daigrefeuil désire que ce mariage se fasse promptement, sans dépense et sans éclat.

M"™^ de SUFFRIN.

Rien n'est plus sage, et j'ose vous dire que c'est tout-à-fait mon goût.

Viens, ma chère Clémence, je veux m'abandonner avec toi à la joie où je

suis de tous les plaisirs que je vais avoir.

CLÉMENCE

Croyez-vous que vous serez heureuse ?

m"^ mélanie.

J'eu réjDonds, et je ne vais, plus songer qu'à faire ma volonté, et à chercher tout ce qui pourra me faire plaisir.

CLÉMENCE

Demeurerai-je avec vous ?

m'^'' mélanie.

Oui, je veux que tu partages mon bonheur.

CLÉMENCE

Je suis bien d'humeur à partager votre joie; mais, qu'est-ce donc que nous ferons ?

m"® MÉLANIE.

J'aurai du bien, un grand domestique, un carrosse à six chevaux , de belles hardes.

CLÉMENCE

Oui ; mais vous aurez des compagnies dont je ne pourrai pas être.

Ne te mets pas en peine, je fournirai à

ttout , et , quand je me serai bien divertie avec les dames, je me divertirai bien encore avec toi.

CLÉMENCE

Comment arrangez- vous vos journées ?

m'^^ mélanie.

Je me lèverai quand je m'éveillerai, nous déjeunerons ensemble , nous mangerons tout ce qui nous viendra en fantaisie ; après cela je m'habillerai avec tous ces ajustements que ma mère me refusoit; je dînerai, nous irons à la comédie, à l'opéra, à la promenade, et nous courrons les rues , car tout me sera nouveau, ayant été* aussi renfermée.

CLÉMENCE

Je voudrois déjà y être.

M^'^ MÉLANIE

Celui que j'épouse a une belle maison de campagne ; j'irai pour deux ou trois Jours, et nous passerons les nuits dans les jardins , et les jours au lit quand il fera chaud.

CLÉMENCE

N'aurez-vous personne qui vous contraigne ?

3a6 PROVERBES

m"" mélanie.

Non , ma mère ne me garde point avec elle , et je serai ma maîtresse en tout,

CLÉMENCE

Encore une fois, je voudrois que ce jour fut arrivé.

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