SCÈNE IF
M"* DE COURVAL
Madame de Saint-Maurice a voulu que je vous vinsse voir et que nous traitassions nous-mêmes nos affaires.
M™* DE SAINVILLE
J'ai bien envie de les finir.
M™^ DE COURVAL
Vous n'avez pour cela qu'à me payer les dix mille écus que vous me devez.
M"** DE SAINVILLE
Cela est juste, mais il faut aussi que vous me payiez les quarante mille francs que mon mari prêta au vôtre.
j^jme jjj. COURVAL.
Ne me compterez-vous pas les intérêts de mon argent ?
M"* DE SAINVILLE
Oui , pourvu (jue vous comptiez aussi les intérêts du mien.
M""^ DE COURVAL
Voyons : il y a huit ans que vous me devez dix mille écus, c'est mille cinq cents livres d'intérêt par anj en tout c'est douze mille livres , et avec le principal c'est quarante-deux mille livres.
M""^ DE SAINVILLE
Et vous , vous me devez , depuis quinze ans, quarante mille francs, c'est deux mille francs d'intérêt par an; en tout c'est trente mille francs : avec le principal , c'est soixante-dix raille francs.
M*"^ DE COURVAL
Ne me paierez-vous point les frais que j'ai faits pour vous poursuivre ?
j^jme jjjg SAINVILLE.
J'en veux croire votre conscience.
M™® DE COURVAL
Ils vont à plus de six mille francs.
M™® DE SAINVILLE
Eh bien ! pour tout finir , en voulez vous quatre ?
M"*^ de COURVAL
votre amitié
Volontiers ; mais rendez- moi donc aussi
M*"^ DE SAINVILLE
De tout mon cœur, et jamais rien ne V pourra nous séparer.
Les bons comptes font les bons amis.