‹ Proverbes inédits. PubliésChapitre 22 sur 221 · SCÈNE IF · texte numérisé non relu

SCÈNE IF

M"* DE COURVAL

Madame de Saint-Maurice a voulu que je vous vinsse voir et que nous traitassions nous-mêmes nos affaires.

M™* DE SAINVILLE

J'ai bien envie de les finir.

M™^ DE COURVAL

Vous n'avez pour cela qu'à me payer les dix mille écus que vous me devez.

M"** DE SAINVILLE

Cela est juste, mais il faut aussi que vous me payiez les quarante mille francs que mon mari prêta au vôtre.

j^jme jjj. COURVAL.

Ne me compterez-vous pas les intérêts de mon argent ?

M"* DE SAINVILLE

Oui , pourvu (jue vous comptiez aussi les intérêts du mien.

M""^ DE COURVAL

Voyons : il y a huit ans que vous me devez dix mille écus, c'est mille cinq cents livres d'intérêt par anj en tout c'est douze mille livres , et avec le principal c'est quarante-deux mille livres.

M""^ DE SAINVILLE

Et vous , vous me devez , depuis quinze ans, quarante mille francs, c'est deux mille francs d'intérêt par an; en tout c'est trente mille francs : avec le principal , c'est soixante-dix raille francs.

M*"^ DE COURVAL

Ne me paierez-vous point les frais que j'ai faits pour vous poursuivre ?

j^jme jjjg SAINVILLE.

J'en veux croire votre conscience.

M™® DE COURVAL

Ils vont à plus de six mille francs.

M™® DE SAINVILLE

Eh bien ! pour tout finir , en voulez vous quatre ?

M"*^ de COURVAL

votre amitié

Volontiers ; mais rendez- moi donc aussi

M*"^ DE SAINVILLE

De tout mon cœur, et jamais rien ne V pourra nous séparer.

Les bons comptes font les bons amis.

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