SCÈNE VIL M™® DE SOLIGNAC
Je viens vous demander, à vous-même, s'il est vrai que vous vouliez emmener ma fille en Gascogne.
M. DE MAUVIEUX.
Oui , madame.
M™^ DE SOLIGNAC
Et vous croyez que je le souffrirai !
non, je ne le souffrirai pas, et il n'y a point de violence où je ne me porte pour vous en empêcher.
M™^ DE MAUVIEUX.
Qu'ai-je fait pour mériter un tel traitement, de me voir arracher de toute ma famille pour aller avec des Gascons?
HONORINE
Quelle cruauté de nous emmener à plus de deux cents lieues! c'est le bout du monde. Il faut que j'aime bien ma maîtresse pour ne la pas quitter.
M™^ DE SOLIGNAC
Je m'en vais présenter ma requête an
parlement pour demander que ma fille soit remise entre mes mains.
m"* de mauvieux.
Que prétendez -vous en m'emmenant par force? je ne vous laisserai pas un moment de repos, et vous aurez toujours à vos côtés une femme désespérée.
HONORINE
Je crierai dans tout le chemin qu'on nous emmène malgré nous.
M™^ DE SOLIGNAC
Vous ne daignez pas nous répondre; y eut-il jamais une pareille cruauté, un tel mépris? Est-ce là comme on traite une femme de ma condition et votre bellemère? vous êtes le plus méchant des hommes.
M"^ DE MAUVIEUX.
Je suis bien malheureuse d'avoir pour inari'uli homme plus dur qu'un rocher.
HONORINE
Voyez-le , s'il dira un mot qui nous console ; je m'en vais me désespérer.
M"»* DE MAUVIEUX.
Cette affaire -ci pourra bien devenir
DE MADAME DE MAINTENOIf. Bq
criminelle, je me tuerai plutôt que de partir.
M"**" DE SOLIGNAC
Êtes- vous content de nous réduire toutes au désespoir ? mais, si nous naourons, nous ne mourrons pas seules.
M. DE MAUVIEUX.
Il faut partir dans huit jours.