SCÈNE IV
MÉLANIE
Voilà un fort honnête homme, et de ces connoissances qui ne peuvent vous faire de tort.
HORTENSE
M'en assurez-vous ?
MÉLANIE
Je vous en réponds; mais vous avez été trop sérieuse, il faut vous accoutumer à la compagnie.
HORTEKSE.
Je craignois d'avoir trop parlé.
MÉLANIE
Au contraire : mais le voici qui revient, il ne s'est pas mal trouvé de votre compagnie.
M. DE MÉRINVAL.
J'ai trouvé en m'en retournant chez moi ce marchand, et j'ai pris ces bagatelles pour les présenter à mademoiselle.
HORTENSE
Je ne reçois point de présents, monsieur.
M. DE MERINVAL.
Je ne serois pas assez hardi pour vouloir vous en faire de considérables, mais
DE MADAME DE MAINTENON. Gl
ce ne sont que des rubans qui ne se refusent jamais.
HORTENSE
Je n'en porte guère, et je vous prie, monsieur, de me dispenser de recevoir ceux-là.
M. DE MÉRINVAL.
Ce seroit m'offenser, et mademoiselle Mélanie vous dira que ce sont des choses qui se donnent et se prennent les uns des autres sans aucune façon.
MÉLANIE
Vous pouvez les prendre, mademoiselle, et je ne voudrois pas vous conseiller une chose qui pourroit être blâmée.
HORTENSE
Je ne puis vaincre la répugnance que j'ai là-dessus.
M. DE MÉRINVAL.
Je ne puis souffrir ce refus, et je laisse cette corbeille à mademoiselle.