M^"^ DAI
Je m'y ennuie, je regarde tout le monde: il y avoit hier une fille, dont le rayon avoit plus de quatre doigts par dessus le mien.
Joëlle DUMOUTIER.
Et moi, j'en ai vu une qui n'avoit rien sur elle qui ne fut pretintaille.
M*"^ DALINGRE.
Aimez-vous cette mode-là ?
j^jclle DUMOUTIER.
Tout à fait, je sais si boa gré à celle qui a inventé les falbalas!
M*'^^* DALINGRE.
Oh ! qu'ils sont jolis! sont-ce les princesses de la cour qui donnent ces modeslà ?
M*"* DUMOUTIER
Je ne sais ; mais je voudrois bien le savoir : j'espère avoir cet été un habit citron et vert de mer.
>l^"® DALINGRE.
J'aime le bleu et le rouge ensemble.
M*^^® DUMOUTIER
Savez-vous qu'on pretinlaille les mouches?
M*^"* DALINGRE.
Ma mère ne veut pas que j'en mette.
M*"** DUMOUTIER
Les aimez -vous ?
M^^^" DALINGRE.
J'aime tout ce qui est du monde.
M*^"'' DUMOUTIER
Si je comprends bien , vous devez vous
DE MADAME DE MAlNTENOTf. 8q
être autant ennuyée que moi dans le couvent.
C'est une étrange coutume d'enfermer ainsi les filles.
M*^^^ DUMOUTIER
Elles ne sont guère mieux avec les mères.
M^^^^ DALINGRE.
Ah î voici une dame qui a encore une jeune fille comme nous.