‹ Proverbes romantiquesChapitre 124 sur 157 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

les gens établis.... Moi 5 j'ai été nommé tambour. Monsieur , pour vous servir.

MADAME DE MOBVILLE, à son mari.

/ Ce zèle prouve que tu lavais bien jugé.

M. DE MORVILLE

Il eût pu m'attendre.

, (Il lit.)

«Je reçois à l'instant, mon cher Morville , le » billet que vous m'adressez, et je veux, avant » notre entrevue,, vous remercier de m 'avoir traité » sans façon. Ma maison sera toujours la vôtre , et » j'eusse été piqué de vous voir agir autrement. » J'ai déjà pris les devants dansla besogne qui vous » amène : vous trouverez quelques dispositions » toutes préparées , et je compte sur votre appro- » bation; car, lorsqu'il s'agit du salut de la patrie » on ne saurait trop se presser. Je vous présente- » rai bientôt les habitans que leur dévouement » à la cause nationale , et leur courage personnel » recommandent à votre choix, pour former le » corps d'officiers. J'aime à croire que vous ne me » jugez pas suspect en cette matière , et que mes » sentimens, comme Français, vous sont connus. » Adieu, je n'ai que le temps de vous assurer de » mon zèle et de ma sincère amitié.

» DENIS

^ P. S. Mes hommages à Madame de Morville. »

.) Allez dire à M. Denis que je Tattends.

(Le tambour MNTt.)

MADAME DEMORYILLE.

Si rEmpereur était partout servi de cette ma-r nière , les choses iraient au mieux. II ne perd pas de temps , M. Denis.

M. DE MORVILLB.

Enai-je perdu, par hasard?... Sa conduite me semble un peu légère , car enfin , c'est moi qui suis -chargé de ce travail dont il s'est attribué de son plein pouvoir la première direction. Je sais que son patriotisme seul l'a guidé , mais ce n'est pas ainsi que se font lesafiaires.... Dès qu'on lâché un peu la bride à ces anciens républicains , il n'y a plus moyen de les retenir.

MADAME DE MORTILLE.

Ne va pas lui faire ce reproche.

M. DE MORYILLE

C'est fort désagréable!... Sais-je quels' sont ces gens qu'il va me présenter? les accueillir sans débats, ce serait jouer le rôle d'un automate, et il ne m'a jamais convenu. A quoi servait-il donc que j'arrivasse en grande hâte, si M. Denis sufiGisait pour tout régler?

MADAME DE MORVILLE

Mon Dieu, ne te fâche pas ; il ne t'impose rien.

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