‹ Proverbes romantiquesChapitre 50 sur 157 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

LE MiLBQUIS.

Les mêmes droits !

MADAME DE BOlIGNt.

Eh oui ! sans doute , d'après la Charte.

LE MABQUIS.

Oh! la Charte! la Charte !.... Laissez-moi arriver à la Chambre , et vous verrez.

i MADAME DE B0RI6NT.

En attendant , vous ne faites rien pour cela. Sans moi , vous n'auriez pas une voix : il a fallu que je donnasse des dîners dont j'ai fait moi-même toutes les invitations ; il a fallu que je vous fisse aller de force aux élections, car vous êtes d'une immobilité désolante. Enfin , il*y a huit jours vous ne figuriez pas sur la liste du gouvernement, grâce à votre négligence envers le préfet , qui pourtant désire nous être allié, si , comme je l'espère, sa fille épOuse notre Alfred quand il reviendra de sa garnison. A vos dernières visites chez lui , vous avez lâché quelques mots contre les ministres , parce que vous avez cette habitude depuis dix ans. Enseveli dans votre terre , vous ne connaissez souvent pas même le nom de ceux" qui tiennent les portefeuilles ; cependant aujourd'hui nous leur avons des obligations.

LE MABQUIS.

L'indemnité !... fi^ c'est une aumône.

MADAME DB BORfGNY.

Allons, ne voiltf-t-il pas de vos grands sentimens! Eh! mon Dieu, reprendre une partie vaut mieux que perdre le tout. Vous donnerez cela à votre fils pour qu'il fasse figure à son régiment.

LB MABQCIS.

Vous VOUS chargerez donc de toucher ces fonds ; car , à moins d un ordre du roi , je ne les demanderais pas moi-même.

^ DURAND, eniraoL

Madame la marquise est servie.

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