CHAPITRE XXVII
INVASION DBS NO RM A ( 1080 - 1085.)
Jamais l'empire d'orient n
fil us sérieusement menacé qui e règne d'Alexis Comnène. I partis des bords du laxartc campés à Nicée, d'où ils m Constantiuople ; Robert Gui»
ses Normands occupait Dyi tandis que les croisés épuisaiej vinces effrayées de leur licei leur nombre.
Robert ne pouvait oublie faite à sa fille Hélène. Cette avait été conduite à la cour t Parapinace pour éjwuser son tan tin lorsque sa trop grand ne serait plus un obstacle à ce Mais, avant ce temps, Botoni avoir détrôné Michel, avait i mer dans un couvent la jeui avec Sybile, qui fut depuis ce Roure et de Champagne. \ Alexis avait rappelé Hélène i l'alliance de Guiscard avec impériale était devenue impo Le duc, chez qui la brav
l'Alberade, sa première femme, s guerrier traversa le golfe avec 'aisseaux pour porter sur quelit de la côte les troupes qu'il ord ; il se détermina pour Dyr- , parce que le trajet était court, npara drabord de Corfou, dont base de ses opérations. Si la h été purement diplomatique , entre la ruse normande et rasiéfe de Byzance aurait pu se rre à chances égales; mais d'un ipire était en pleine décadence, ne de l'autre une race forte et urage chevaleresque marchait nt comme à une fête. Le dac, de l'élite de ses guerriers, était gué de Sigelgaïte, sa femme, vait donné Roger. Cette primait endossé l'armure; elle mâcherai et un glaive avec autant s et d'adresse qu'aucun des d'armes de cette époque.
rt Gttiscard n'attendait plus tir que le retour de Raoul Peauqu il avait envoyé à Constantior y porter son ultimatum. Cet vint sans avoir même obtenu ise; mais il osa dire au duc que nda empereur qu'il comblait 1rs à sa cour n'était autre qu'un Bector, prêtre truand et aéfroil avait vu lui-même à Constans véritable Michel vêtu de l'hastique, vivant et renfermé dans e. Il ajouta que, depuis son dé- ^onstantinople, Botoniate avait régner, qu Alexis l'avait rem- : le trône, et qu'en même temps 'établi le jeune Constantin dans honneurs auxquels sa naissance lait droit de prétendre. Raoul t de cette conduite , qu'il était le regarder comme un commende réparation , que le mariage ; s'accomplirait ultérieurement; que la guerre, désormais sans tarerait sur les armes du duc i divine.
rt, dont le caractère impétueux t difficilement une contradiction, ta contre Raoul ; et sans doute lentiment aurait eu des suites i si on ne l'eût informé au même que la flotte de Boëmond était nr.
Le prince avait poussé une reconnaissance jusqu'aux atterrages de Corfou, et reconnu fa côte d'Illyrie. Sur les indications qu'il donna 'à Robert, l'expédition fut immédiatement résolue. Une flotte de cent cinquante voiles appareilla de Brindes, où se trouvait le duc ; elle portait environ trente mille hommes de débarquement. Cassiopée et Corfou, n'espérant pas résister à un armement si considérable, se soumirent à Robert, et d'autres cités suivirent cet exemple. L'Ile rapportait annuellement à l'empire quinze cents livres pesant d'or.
Tandis que le duc triomphait par la seule terreur de sou nom. Boëmond s'emparait de Buthrotum , d'AvIona et de Canina , villes situées sur le continent.
J-a position de Dyrrachium en faisait un point d'une grande importance f)our les Normands; Boëmond reçut 'ordre de s'y rendre par terre h la tête d'un corps d'armée , tandis que le duc attaquerait la place du côté de la mer. Sa flotte était poussée par un vent propice ; déjà les soldats demandaient où était la ville, que leur dérobait un promontoire, lorsqu'une tempête furieuse dispersa la flotte. Robert, échappé à ce désastre , aborda sur une plage couverte de corps et de débris. La famine menaçait de faire périr les soldats que la mer avait épargnés; les naufragés n'eurent d'autres ressources que le blé et les fruits qu'ils trouvèrent dans les champs. Le due ne se laissa pas abattre par ce revers; il réorganisa ce qui lui restait de troupes , et, après avoir fait sa jonction avec le corps d'armée de Boëmond, il vint camper le 14 juillet devant l'antique Épidaure.
Alexis , à peine informé de l'occupation de Corfou par les Normands, avait nommé Georges Paléologue gouverneur de Dyrrachium. Ce dernier prit de nouvelles dispositions défensives ; Robert ne disposait plus que de quinze mille hommes, sans compter les matelots. Le général grec était digne de se mesurer avec le chef normand, et l'issue de ce conflit était douteuse. C'était jadis sur le même théâtre que César et Pompée étaient venus pour décider des destinées de Rome et du monde.
Avant l'ouverture des hostilités, Pa-
L'UNIVERS
léologue fit demander à Robert pour quel motif il faisait la guerre à l empereur. C'est, répondit le duc, pour replacer Michel sur le trône de ses ancêtres. Les envoyés du gouverneur déclarèrent que les Grecs y consentaient, et que dès qu'il paraîtrait on s'empresserait de déposer à ses pieds les clefs de la ville. Robert, qui ne s'attendait pas à tant de condescendance, se décida a leur envoyer le prétendu Michel revêtu des ornements impériaux. A l'heure fixée pour son arrivée, les habitants de Dyrrachium accoururent en foule pour voir le protégé des Normands. Mais à peine eut-il paru qu'on entendit partout, au milieu des rires et des huées : Cent Hector ! le caloyer de la Maudra ! En même temps la garnison fit une sortie, et après avoir tué quelques Normands elle rentra triomphante dans les retranchements.
Un combat naval fut livré à la flotte normande parle doge Dominique Silvio (1), et Boëmond y faillit périr; une sortie des assiégés qui occasionna des pertes considérables aux Normands; l'arrivée de Maurice, amiral de l'empereur Alexis, et le manque de subsistances dont la flotte et le camp de Robert commençaient a souffrir auraient découragé tout autre que le duc ; déjà la défection des villes alliées et des troupes auxiliaires semblait ne lui laisser d'autre moyen de salut qu'une prompte retraite ; mais, loin de renoncer il son entreprise , il dédaigna même
branlèrent la résolution opi guerrier.
L'empereur avait mandé à son lieutenant, de réunir un a mée, de lever autant de sol serait possible et de venir le j passage de l'Hèbre. Alexis Gonstantinople à la fin du me et, arrivé au lieu qu'il avait il y passa la revue de ses tn garde était sous le command Constantin Opus , les Macédoi celui d'Andronic et d'Alexj basilès ; les Bardariotes, qui o la partie de la Macédoine 1 l'Axius, avaient pour génén Snrrazin d'origine, dont le i d'une bande de brigands, e aux galères. Un corps de Var Scandinaves attachés au servie pereur avait pour chefs Pa et Constantin Humberto-Poi une singulière coïncidence, ttiriers du Nord allaient d'autres aventuriers leurs con Enfin parmi les troupes de 1' se trouvaient environ trois m niens établis à Philippopolis rayon de cette ville. Ces secfc chaient sous les ordres de deu bardes, Xantas et Culéon.
Après avoir passé un mois à nique, Alexis arriva le l&octol bords du Chazane (Ergent).
surprendre Robert, et il avait marche à travers les forêts et du mont B*ïgora ou Bagutat.
tir Hnéplité de la lotte. Si ft à la moitié, c'est-à-dire à et quinze mille le nombre des ati de Farinée impériale, on le les Normands étaient à peine «cinq.
te laisser aux siens d'autre reste la Tictoire , Robert grossit i de tons les matelots et fit feu à sa flotte. « Demain, ditokUts, nous n'existerons plus, serons les maîtres de tout ce fcdent les Grées, igné avait reçu Tordre d'attalemi en queue dès que le oom- 'engagé, tandis qu'un corps res masqués par des collines «ruerait le camp de Robert.
octobre , longtemps avant le due, suivi de son état-major, à l'église du martyr saint , située au bord de la mer.
ie messe solennelle , tous les eçurent la sainte communion, i eurent pris quelque nourï duc les rangea en bataille , ommandement de l'aile droite, tyait à la mer, au comte Amice, aile gauche à Roëmond, et se même au centre, e impériale se développait le i coteau voisin du rivage, sur <ù elle avait établi son camp.
» m mandé aux Variègues de se nbuscade; mais ils réclamèrent de porter les premiers coups.
pied à terre pour se placer en ligne. L'empereur, au centre née , se trouvait ainsi opposé ; il avait confié le commande- 'aile gauche à Nicéphore Mécelui de la droite à Pacurien.
détacha quelques aventuriers rer les Grecs dans la plaine , ne s'avança en colonnes serrées iits; en ce moment il voit son »aux prises avec les Variègues, es de haches à deux trananversaient tout devant eux.
ir cette vigoureuse attaque, inds se débandent et se préins la mer pour gagner, à la tte grecque et vénitienne où ils nt d'être accueillis, au moins prisonniers.
! vue Sigelgaïte, qui avait
iovinces Danubiennes.)
voulu partager avee le duc son époux la gloire et les périls de cette campagne, s'élance à cheval vers les fuyards; elle leur reproche avec indignation leur lâcheté, frappe les plus indociles, et, poursuivant les autres jusque dans la mer, elle parvient enfin à les ramener au combat. Revenus de cette panique»
les Normands reforment leurs rangs et suivent l'héroïne. Déjà les Variègues étaient aux prises avec le centre de l'armée; Robert luttait avec le courage du désespoir; tout à coup il voit arriver à son secours son intrépide compagne; alors la fortune change; les aventuriers,
{tressés à leur tour et déjà épuisés, àiblissent et se replient dans une église voisine. Comme cet espace était trop étroit pour les contenir, les derniers accourus montent sur la toiture, qui se brise sous leur poids et écrase ceux qui avaient pu pénétrer dans l'enceinte.
Les Grecs étaient si supérieurs en nombre, que malgré la défaite des Variègues , ils se croyaient sûrs de la victoire. En effet, l'armée normande, affaiblie par ses pertes récentes, se trouvait resserrée dans un étroit espace entre la mer et une rivière ; dans cette position, elle était exposée sans abri aux traits et aux projectiles de l'ennemi.
Déjà les troupes de débarquement, que portaient les flottes grecque et vénitienne , descendaient sur le rivage pour se joindre aux corps auxiliaires; mais ces derniers, au lieu d'attaquer les Normands, s'étaient jetés sur leur camp, et ne songeaient gu'au pillage. En ce moment, Robert fait élever l'étendard de Saint-Pierre, et s'écrie : « Soldats ! voilà votre guide ! marchez à l'ennemi ! craind riez-vous de misérables héréti-
aues quand Dieu lui-même vous conuit? Kn même temps il s'élance au milieu des Grecs. Le choc fut irrésistible : six mille Grecs tombèrent sur le champ de bataille; parmi leurs cadavres on reconnut des Turcs auxiliaires.
Au nombre des morts étaient Constantin Ducas , frère de Parapinace , Nicéphore Synadène et une foule de capitaines d'un nom moins illustre. Le roi de Servie, Rodin, prit la fuite sans avoir tiré l'épée ; quant à l'empereur, qui attendait dans un village l'issue de la bataille, il se retira en toute hâte
L'UNIVERS
à l'instant où ses forces ralliées étaient encore triples de celles des Normands. Les vainqueurs pillèrent le camp d'Alexis , qui , après avoir échappé a grand1 peine aux cavaliers chargés de le poursuivre, s'était réfugié à Achrida.
Ce fut , dit-on , dans cette déroute que les Grecs perdirent la croix d'airain faite d'après l'ordre de Constantin pour rappeler l'apparition miraculeuse qui lui annonçait la victoire. Alexis trouva le moyen de faire parvenir à Georges Paléologue, gouverneur de Dyrrachiiim, l'ordre de remettre aux Vénitiens le commandement de la citadelle et le gouvernement général du thème à un Albanais nommé Camiscarte. Comme l'hiver approchait , Robert , craignant
Î|ue ses soldats ne pussent résister au roid qui est si souvent rigoureux sur les côtes de la moyenne Albanie , convertit le siège de la place en blocus. En conséquence il répartit son armée dans les places de Glabinitza, où il prit ses quartiers, à Belgrade, aujourd'hui Bérat et à Joanina. Pendant l'hiver, il fit bAtir sur une éminence un château d'où il faisait chaque jour des excursions jusqu'à Dvrrachium.
Prise de Dyrrachium (1082). Quoique doué d'un courage chevaleresque , Robert ne négligeait pas les avantages faciles que donne la ruse, et il jugeait sans doute que ce moyen lui était d'autant plus permis qu'il avait pour adversaires des Vénitiens et des Grecs.
Pendant la nuit du 18 février un noble
le vainqueur se vit obligé de en Italie , et chargea Boëmoin tfnuer la guerre.
L'année suivante, le généi contre Alexis les batailles di et d'Arta ; mais il fut moi m devant Achrida et à Ëdessa; ce double échec par la prise c place frontière de la Bulgare vint camper à Castoria.
En 1084 , la Thessalie devii tre de la lutte des Normand l'empire grec. Plusieurs chc gine française s'y distingué] Boëmond ,* et entre tous Brien nétable de la Pouille et de la liis d'Eudes, comte de Pent avait servi avec distinction bannières de Guillaume le Coi et c'est de sa lignée que le queurs bretons font descend r rons de Chateaubriand.
Il se livra près de Larisse s née une bataille où les Norman phèrent après une résistance o mais comme ils ne purent i de la ville , ils se retirèrent sui place située à l'issue du grai du Pinde.
Il était moins difficile pour mands de vaincre tes trot leur opposait l'empereur que subsister une armée dans î trée moutueuse et dont les ces se trouvaient bientôt épui seulement parles troupes envai elles
an
ux de Tannée. Boéinond, autorité méconnue, n'éi furieux gu'en leur prometchercher lui-môme en Italie réclamées. Il part en toute nbarque à Avlona , laissant le commandement de Cas-
mprit que sa présence était & Ëpiie; Tannée suivante, parut avec le prestige de es navales remportées sur Venise. Mais ces avantages s les derniers de sa carrière . Il tomba malade à Céphae nouvelle, Sigelgaïte s'emute hâte avec son (ils Roger ; arriva que pour recueillir >upir de Robert, qui expira t. L'armée reprit aussitôt e rendit à Otrante , où un tbre attendait le corps du 'une tempête furieuse avait gloutir pendant la traversée.
HPITRE XXVIII.
l OU ROIS DE BÀSGIE.
ne, formé aux dépens de la ie, ne devint autonome qu'à izième siècle; vers l'année «reur Frédéric, qui travere pour se rendre à la troiide, accorda à Néman Pinroyaume de Rascie , en le le la suzeraineté d'Isaac II, ( Constantinople.
ers de Néman furent Tiho-
mil , dont le règne ne dura qu'une année, et Simon, père de saint Sabas, Satron des Serviens, dont un pacha Ût rûler publiquement les reliquesen 1 555 . Neman II ou Krapalus lut proclamé roi de Rascie et de Servie à Pristina. Il avait épousé Hélène, Française d'origine , et qui releva Antivari. On attribue à Néman II la découverte des mines de Trépecia et de Prisrend , qu'on exploitait encore en 1455 et dont le produit fut consacré à l'érection de quarante monastères : le règne de ce prince dura vingt-deux ans.
Le prince le plus célèbre de cette maison fut Etienne Duscian, qui monta sur le trône vers 1340 et dont le règne dura environ vingt-cinq ans. Après avoir conquis la Macédoine |usqu'à Thessa Ionique, et subjugué l' Épire et la Béotie, il se fit couronner empereur de Romanie, d'Esclavonie et d'Albanie. Il avait partagé son empire en gouvernements :
c'étaient TÉtoIie, le duché de Janine, la portion de la Macédoine qui confine à l'Axius, Tricca ou la haute Thessa lie , Castoria . Phères ou Serres, et le pays qui s'étend jusqu'au Danube, Ocbrida et le territoire de Prélepée (Preslaba). A la nouvelle de la mort de Duscian ou Duschan , ses lieutenants, auxquels il avait confié le gouververnement de ces provinces , se firent la guerre ; et c'est à cette époque qu'on voit figurer la Bosnie comme État parmi les dépendances de l'ancienne Iilvrie.