‹ Provinces danubiennes et roumaines par mm. Chopin et A. UbiciniChapitre 152 sur 300 · PROVINCES DANUBIENNES. SIS · texte numérisé non relu

PROVINCES DANUBIENNES. SIS

et les Monténégrins les éléments de dévouement qui font les constitutions durables.

Cependant dans leurs luttes inégales et prolongées les plus courageux eurent leurs moments de lassitude ; tous n’eurent pas un zèle religieux assez pur et assez fervent pour toujours combattre sans espérer les avantages de la victoire. Ce qui révoltait surtout les slaves, c’était la privation de leursarmes , signe véritable de la servitude. Or, comine ils conservaient leur indépendance personnelle en acceptant l’islamisme, ils se firent Turcs par amour pour la liberté, et une fois engagés dans cette voie ils se conduisirent à l’égard des Slaves restés chrétiens avec autant d’intolérance que leurs nouveauxcoreligionnaires. Depuis les dernières réformes , les abus sont moins criants; mais telle est la condition fatale de la Turquie et pour ainsi dire l’expiation d’une politique longtemps odieusement cruelle que lorsque les vrais croyants se déclarent satisfaits la population chrétienne est opprimée, et que dès que les rayahs sont traités avec plus de ménagement le parti contraire à toute réforme, c’est à-dire les Turcs qui observent fidèlement les prescriptions du Coran , déclare que l'empire touche à sa ruine.

Les causes que nous avons indiquées ont réduit considérablement le nombre des chrétiens dans la Bosnie. Sur une population qui ne dépasse pas un million on compte trois cent cinquante mille mahonn tans, quatre cent cinquante mille chrétiens de la communion grecque et ccntmille catholiques Les réformes devenues nécessaires et qui sont pour ainsi dire une conséquence de l’intervention actuelledes puissances occidentales dans les intérêts de la Turquie ralentiront sans doute cette progression et lui donneront peut-être une impulsion contraire; or, comme les chrétiens sont en grande majorité dans les provinces de la Turquie d'Europe , la protection de ses alliés doit amener tôt ou tard sa ruine définitive. Ce résultat final prouve moins l'impuissance de la politique que l'impossibilité de ramener a un état normal une société fondée sur le droit du glaive et sur tous les abus du fanatisme religieux.

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