CHAPITRE XVI
Liens du sang. — Les liens de race sont plus intimes et plus forts en Albanie que dans l'Occident : ils se transmettent de mâle en mâle; et ceux qui s'introduisent par les femmes y sont regardés comme de nulle valeur. Comme a Rome et en Grèce, celte formule y est de principe : Millier fini* fantillæ.
Eu général, les familles portent le nom de celui qui en est la souche. Si elles sont nombreuses, elles se fractionnel)! en plusieurs subdivisions, qui sont désignées
Ear les noms des chefs de ers diverses randies ; cette distinction, du reste, ne compte pour rien dans les considérations politiques. Quoique le nom de la souche commune ou de la branche qui en est sortie appartienne à tous les membres de la famille, cependant on se contente ordinairement d'une désignation patronymique pour einpêcherde confondre les individus qui porteraient le même nom de baptême; aiqsi l’un dira : Apos-
foie , (Us de George, fils de Panagtoli.
auefnis l'appellation est tout ene personnelle et locale; ainsi les Michantschouliates descendent d'un Michel né près du village de Tschauti.
Ce oui prouverait surtout la force des liens du sang, c’est l’interdiction, en dépit des règlements de l'Eglise, de toute alliance entre les membres d'une même famille dans la descendance agnatique; la conscience, plus puissante que la loi, les condamne, et le mépris atteint quiconque transgresse cet usage.
De tels mariages seraient considères comme une tache pour toute la parenté. Chaque membre est obligé de tirer vengeance et d’exiger satisfaction d'une insulte faite a quelqu'un des siens.
Réciproquement la famille entière est responsable des actes d’un de ses membres, et paye a frais communs le prix du sang. De la la loi qui menace non-seulement la vie du meurtrier, mais celle de ses agnats. C'est pour celte raison que les parents contribuent à payer la composition quand la famille offensée s’en contente. Il n’est pas rare que toute une famille s’exile
Eour se sou -Ira ire aux suites de ces aines, que trop souvent les micurs rendent implacables.
Depuis que les reformes récentes ont donné plus de force au gouvernement, même dans l'Albanie méridionale, la vengeance du sang tombe de plus en plus en désuétude. Ali-Pacha s’est déjà occupé d'en restreindre la portée; et les fonctionnaires turcs, pour assurer à la Porte la soumission du pajs, ont agi dans le même sens.