‹ Prud'honChapitre 100 sur 148 · I.A rSYCIlé ou I.'ÉCUAS · texte numérisé non relu

I.A rSYCIlé ou I.'ÉCUAS

« Sur le vaisseau d’Isis, emblème de la ville de Paris, s’élève l’autel de l’Hymen, paré de guirlandes de fleurs. La Tendresse et la Fidélité, figurées par

LA TOILETTE DE MAHIE-LOCISE. 353

des colombes, en font la base. Le flambeau de l'Hymen orne les angles. Le centre oITre deux papillons unis, symbole de l'union des âmes. L’autel supporte une colonne, entourée à sa naissance d'un faisceau de lauriers, et vers son sommet d'un lierre qui se lie étroitement à elle, pour exprimer que de nombreuses victoires ont préparé l'auguste alliance. Les fruits que cette alliance promet à la France sont figurés par ceux dont la corbeille formant le chapiteau est remplie. Le couronnement présente le dieu Mars et une jeune Minerve que l'Hymen unit. Un Amour conduit l'aigle autrichienne, à l'aide d’un lien de fleurs; un autre Amour caresse l’aigle française et la rend sensible. Les deux aigles sont rapprochées par les deux Amours*. »

Tout cela, très-galant sans doute, est passablement amphigourique, et on conviendra que le commentaire de l’auteur n’était pas inutile. Prud’hon ne parle pas de trois des pièces importantes de cet ensemble : le fauteuil, le lavabo et le grand tapis de pied. Le fauteuil, d’une forme assez disgracieuse, posé sur quatre cornes d’abondance remplies de fleurs, présente cependant un motif charmsmt placé entre le bras et le siège ;

1. L'original de cette pièce appartient è M. Fillon. Une noie inscrite en marge du premier feuillet indique qu'elle était accompagnée d'une lettre au préfet de la Seine, qui nous est inconnue.

354 LA TOILETTE DE MARIE-LOUISE, c’est une figure de P.syché accroupie qui enchaîne l’Amour. Le lavabo, en forme de trépied, supporte une belle aiguière sur laquelle court une frise ravissante qui représente la nymphe de la Seine couchée au milieu des roseaux et entourée d’ -Amours et d’autres enfants. Cependant les pièces capitales de cette ornementation sont les couronnements en ronde bosse de la psyché et du miroir, ainsi que les groupes des coffrets dont on possède des surmoulages et des dessins. Tous ces objets, en vermeil et lapis-lazuli, exécutés d’une manière admirable, dit-on, par Odiot et Thomire, furent emportés à Parme en 1815. Lors de l’invasion du choléra, le comte de Bombelle les fit briser et fondre, sous prétexte de se procurer des ressources pour les malheureux atteints par le fléau. « Les ouvriers chargés de cette œuvre barbare pleuraient, dit une lettre que M. Lecomte a eue sous les yeux. Un commissaire parmesan assista au bris et à la fonte du tout, toilette et lavabo, afin que M. de Bombelle pût être bien assuré que rien ne subsisterait plus de ces objets qui avaient le tort de rappeler au palais de Parme, et d’autres lieux, et d’autres temps, et d’autres personnes*. »

Heureusement que la plupart des dessins de ces

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