‹ Prud'honChapitre 15 sur 148 · LA LEÇON DE BOTANIQUE · texte numérisé non relu

LA LEÇON DE BOTANIQUE

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OOVRAGF.S EXÉCUTÉS A PARIS. 65

poursuivant sans doute ses études à l’Académie, exécuta quelques ouvrages que la famille Fauconnier conserve précieusement. Prud’hon était pauvre ; il chercha à tirer parti de son talent. On se souvient qu’à Cluny déjà il s’était occupé de gravure. Il parait qu’il fut chargé par un éditeur d'illustrer une édition des lettres d’Héloïse et d’Abeilard. Cette enlrepri.se n’eut pas de suite ; mais Prud’hon avait gravé une première planche qu’il donna à M. Fauconnier, et qui appartient aujourd’hui à M. Pelée, son petit-fils. Cette pièce a.ssez médiocre présente cependant un vif intérêt et je n’ai pas hésité à la faire reproduire. C’est en effet la première composition avouable et de quelque importance que nous connaissions de Prud’hon, le premier pas de l’auteur de la Justice divine et du Zéphyre, et Prud’hon a d’abord imité Moreau jeune et les vignettistes de la fin du xviii* siècle. Cette petite gravure, que l’on nomme la Leçon de botanique, représente un jeune homme et une jeune fille en costume du temps d’Henri IV assis près d’une table, sur laquelle sont posées quelques fleurs, .\bcilard, une main sur son cœur, parle avec animation à Héloïse, qui l’écoute d’un air troublé. On voit au premier plan une mappemonde et des papiers; à gauche, un buste sur une console. Le fond de l’appartement est occupé par

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une bibliollK'que. Inexécution est faible. C’est avec peine qu’on découvre dans cette estampe quelques traces du goût de l’rud’hon; et si ce n’étaient 1a signature et les circonstances qui ne laissent aucun doute sur son authenticité, on ne penserait pas à la lui attribuer ’ .

M. Pelée possède encore une aquarelle que Prud’hon peignit très-probablement à ce premier moment pour M"' x^Iarie Fauconnier. File représente l’Amour debout, déposant un cœur enllammé sur un autel près duquel est agenouillée une jeune fille à qui le petit dieu donne sa flèche. Sur le cœur sont entrelacées les deux lettres M. F., initiales du nom de M"* Fauconnier. Un chien, emblème de la fidélité, complète cette composition’. Prud’hon fit aussi un charmant portrait au crayon noir, rehaussé, de M"* Fauconnier. Elle est représentée de trois-quarts, coiffée d’un bonnet à la paysanne, la poitrine couverte d’un fichu. Le jeune artiste lui donna pour pendant

< . Celte planche, dont on a tiré quelques épreuves, est signée à gauche Prud’hon fecit. Le dessin de la composition à la mine de plomb sur papier blanc, que possède également M. Pelée, présente quelques variantes. Le fond de rapparlemenl n’est pas circulaire et il est orné do sculptures à la place qu'occupe la bibliothèque dans la gravure.

2, Cet ouvrage, auquel l’auteur semble avoir attaché une certaine importance, est signé P. P. Prudon inv. et delin.

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