LE RÉVEIL DE PSYCHÉ
Dans cette esquisse, Psyché, profondément endormie, est couchée sur une draperie bleue, en avant d’une tenture rouge, qui laisse tomber d’en haut les rayons de la lune. Une draperie jaune enveloppe ses genoux. Le bras gauche est négligemment étendu; elle tient embrassé du bras droit l’Amour, qui dort à son côté. La tête et le haut du corps se modèlent dans la demi-teinte; la lumière blanche de la lune répandue sur son ventre et sur ses cuisses, sur les jambes et la hanche de l’Amour, éclaire aussi de ses mille caprices des essaims de Génies qui viennent contempler la jeune fille. Cette scène est pleine de mystère et de volupté décente, et il est regrettable que Prud’hon ait abandonné à son élève l’exécution du tableau.
C’est également M. le duc d’Aumale qui possède la seconde esquisse, où se retrouvent à peu de chose près les mêmes figures que dans le Sommeil de Psyché, dont elle paraît être le pendant. Aussi bien des personnes les nomment-elles le Réveil de Psyché ; mais je crois qu’il s’agit de Vénus, et le titre : le Flambeau de l’Amour sous lequel on le désigne également me semble plus exact. Elle représente une jeune femme assise, près de laquelle est le petit Cupidon , qui tient une torche enflammée à laquelle un Génie suivi d’autres enfants vient allumer son flam-
beau . Cet énigmatique ouvrage est d’une couleur charmante.
L'Enlèvement de Psyché par Zéphyre est un chefd’œuvre dans toute la force du terme. Dans aucun de ses ouvrages Prud’hon ne s’est autant rapproché du Corrége, et dans aucun cependant il n’a exécuté d’une main plus sure et plus magistrale une invention toute personnelle et de l’ordre le plus élevé. Psyché, à demi étendue dans une attitude qui exprime admirablement le sommeil, est transportée par Zéphyre et par trois Génies dans la demeure enchantée de 1 Amour. Lu vent léger enfle, comme les voiles d un navire aérien, la draperie jaune sur laquelle repose son corps superbe et le voile violet qui vol-
1. Cette esquisse a été gravée comme la précédente par Flameng pour la Gazelle des Beaux-Arts , Ier juin 1870, sous le titre : le Sommeil. Il me paraît évident que ces compositions se rapportent 1 une et 1 autre, non à Psyché, comme on le dit généralement, mais à Vénus. Les deux tableaux de Mlle Mayer, dont elles sont le point de départ, se nomment en effet Vénus et l’Amour endormis,caressés et réveillés par les zéphyrs et le flambeau deVénus.
2. On a vu a la vente de M. de Boisfremont fils un joli dessin de cette composition.
Nous signalerons encore une charmante petite esquisse représentant Psyché regardant les Fourmis qui accomplissent le travail queVénus leur avait imposé qui appartenait à M. de Boisfremont fils et qui a été acheté à sa vente par M. Gabriel. — M. Morel de Vindé possède un dessin de la môme composition.
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