‹ Prud'honChapitre 150 sur 201 · LIÎS NOCES D’HÉBÉ ET D’HERCULE · texte numérisé non relu

LIÎS NOCES D’HÉBÉ ET D’HERCULE

les colonnes ne nous sont connues que par les dessins de M. Camille Marcille et par les planches de Roger et de Prud’hon fils : nous ne possédons, des deux groupes qui accompagnaient la frise, que des gravures au trait tout à fait insuffisantes dans le volume, très-rare d’ailleurs, de Goulet1. 11 en est autrement de la frise elle-même, dont il nous reste un beau dessin à M. Bellanger et une ravissante esquisse à M. Hauguet. C’est, comme toujours, une allégorie que le peintre avait intitulée Noces dllébé et d' Hercule. Au milieu de la composition, Hébé-Marie- Louise, le front ceint d’un diadème, met sa main, audessus de l’autel, dans celle d’Hercule-Napoléon. En arrière l’Hymen, une main sur l’épaule d’Hercule,

1 autre sur celle d’Hébé, unit les royaux fiancés. A gauche, un Amour debout tient un flambeau. Puis vient une foule de figures qui personnifient la Vérité, la force, la Gloire, l’Abondance, l’Industrie, le Dessin, la Sculpture, la Peinture, etc. Au-dessus de deux fleuves couchés, on voit Janus, Mars et Mercure, ainsi qu’un enfant traîné dans un char par quatre Amours ; à droite, d’autres Amours, les trois Grâces et les neuf Muses. Cette longue frise, dans laquelle le peintre

\. Fêtes à F occasion du mariage de Napoléon avec Marie- Louise. Recueil de gravures au trait avec une description par

Goulet. Paris, Soyer. 1810, 1 vol. in-8.

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a très-habilement vaincu la monotonie presque inévitable dans un pareil sujet, est une des plus charmantes conceptions de Prud’hon. La ligure de l’impératrice, couverte d’une draperie rouge qu’elle relève sur son bras gauche, est délicieuse d’altitude et d’expression; celle de Napoléon, qui n’est vêtu que de la traditionnelle peau de lion, est pleine de caractère et de grandeur. Le groupe des Grâces enlacées est exquis. On assure que cette composition a été exécutée à la détrempe à Fontainebleau ; mais cette peinture n’existe plus, et nous en sommes réduits au dessin et à l’esquisse que j’ai signalés.

C’est, à propos de ces peintures et de ces sculptures de l’Hôtel de Ville que Prud’hon écrivit au préfet la lettre suivante :

a Paris, ce 22 mai 1810. — Monsieur le Préfet, ayant fixé le prix des peintures et sculptures arrêtées pour les fêtes de la ville de Paris avec les artistes chargés de leur exécution, ils me chargent de vous prier de leur accorder des à-compte de la moitié des sommes convenues.

a J’ose également vous prier pour moi, Monsieur le Préfet, de vouloir bien me faire toucher, sur les travaux de la toilette de Sa Majesté l’Impératrice, un

LES NOCES D’Il ÉBÉ ET D’HERCULE.

mil lici cl écus, attendu c[u occupé depuis du temps de ces objets, je me trouve nécessairement arriéré pai le îelaid cj u ils ont occasionne dans les miens propres.

« Je me flatte, Monsieur le Préfet, que le zèle que nous mettons à vous satisfaire n’échappe point au désir que vous avez que ces fêtes soient brillantes et dignes des augustes personnes à qui vous les donnez, et que, porté par goût vers les beaux-arts, dont vous savez apprécier les productions avec cette finesse- de tact qui vous est particulière, vous ne refuserez pas aux artistes qui s’y emploient l’objet essentiel de leur demande.

« J’ai l’honneur d’être avec la plus haute considération, Monsieur le Préfet, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

« PR U d’h ON, Plre. ))

Et sur la page suivante :

« Prix des peintures coloriées en transparent; sujet, Aoces d'IIébé et d' Hercule, figures de six pieds et demi, au nombre de quarante et une, et de deux groupes feints de sculpture composés de six autres figures de mêmes proportions, placés sur les avantcorps de la loge de Leurs Majestés, 8,000 francs. Sculptures ornant le trône de Leurs Majestés;

LE BERCEAU DU BOl DE ROME.

sujet, l' Hymen couronnant les augustes époux, en enchaînant, conjointement avec l’Amour et le Génie, les Grâces et les Muses. Neuf figures de six pieds de proportion, 9,000 francs1. »

A quelques mois de là on annonça la grossesse de l’impératrice-reine. Nouvelle occasion pour la ville de Paris de faire éclater l’enthousiasme otliciel. Elle demanda au peintre qu’elle avait choisi pour

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