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PORTRAIT DU ROI DE ROME

de 1812. M. Boutard, dont la mauvaise humeur augmentait cependant avec le succès de Prud’hon , en parla avec éloges : « Je me plais à reconnaître, dit-il, que la plupart des défauts que je reproche à la manière de M. Prud’hon ne se retrouvent pas dans le portrait de Sa Majesté le roi de Home, n° 7/i3. Les chairs sont encore d’un rose qui n’est pas celui de la nature; mais le royal enfant est on ne peut mieux endormi; la tête est fort jolie et le tout bien proportionné, ce qui vient vraisemblablement de ce que cette fois l’artiste a eu le modèle sous les yeux. En général, et cette année comme les précédentes, les défauts de la manière de M. Prud’hon sont beaucoup moins sensibles, ou même ils disparaissent entièrement dans ses portraits; ce qui indique, ce me semble, que pour bien faire ses tableaux, il lui suffirait d’appeler le modèle.

« Cette remarque et cette espérance dans lesquelles je me complais ne suffisent pas, je le sens

lion. — L’exemplaire qui appartient à M. Camille Marcille avait été donné par Prud’hon à M. Lavalette. — On dit que le grand portrait est à Vienne, dans les appartements particuliers de l’empereur. — Prud’hon a fait, vers 1820, pour M. de Chambure, une répétition en petit de cet ouvrage qui appartient aujourd’hui à M. Raynaud, à Castres. Elle a servi pour la gravure exécutée par Achille Lefèvre.

bien, pour balancer dans l’opinion de l’auteur la rigueur de mes critiques1. Certes je ne me serais pas sans un motif puissant, appesanti ainsi sur ce qui me semble des défauts dans la manière d’un artiste doué d’ailleurs d’un rare talent et parfaitement estimable2. »

Il n’est pas étonnant que Prud’hon ait exceptionnellement réussi le portrait du roi de Rome et les parties décoratives de la toilette de Marie-Louise. Il adorait les enfants. Il avait été pour les siens la plus tendre des mères, participant à leurs jeux et s’astreignant même aux plus humbles soins. Aussi, comme il comprend les physionomies mobiles, les mouvements gauches et charmants, la gentillesse, la malice naïve, tous les petits airs de ces chérubins ! Sur ce terrain, sa fantaisie ne se lasse jamais; il invente et varie sans cesse; sa fécondité est inépuisable. Quelquefois il représente les enfants tels qu’ils sont et pris sur nature, se livrant aux ébats de leur âge, comme dans les Vendanges , dans Y Egalité, ou dans ces deux jolies compositions où Ton voit des enfants qui donnent à manger à des lapins et qui caressent des

1. L’auteur fait ici allusion à son appréciation du tableau de Venus et Adonis, exposé la même année, et que l’on trouvera plus loin.

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