JUPITER ET
dévotion, le duc d’Orléans, fds du régent, avait fait mutiler cette figure, et lorsqu’en 1 808 Napoléon eut envoyé ce tableau à Paris, on pensa avec raison que le peintre français était plus capable qu’aucun autre de compléter l’œuvre du maître ita-
tain que l'Io fit partie du butin, car bien qu’on sache qu’une lo du Corrège et son pendant, Ganymède enlevé par V aigle de Jupiter, appartenaient dès le commencement du xvne siècle aux collections impériales, comme deux tableaux du Corrège représentant ces sujets se trouvent aujourd’hui dans la galerie du Belvédère à Vienne, on peut supposer que ces peintures ont échappé au pillage, et à moins que l’empereur Rodolphe n’ait possédé deux exemplaires de l’Io , il est probable que celle qui nous intéresse ne provient pas du palais de Prague. Quoi qu’il en soit, ce tableau appartenait, aussi bien que la Danaé et la Léda , à la collection de Christine de Suède, qui, malgré la réputation qu’on lui a faite, savait si peu apprécier le mérite des ouvrages d’art, que, pendant quelque temps, la Danaé et la Léda servirent de contrevents à une porte ou à une fenêtre des écuries royales. Ce fut Sébastien Bourdon qui, ayant été nommé premier peintre de la reine, reconnut la valeur de ces belles peintures, et les fit placer dans la collection royale. Lorsque plus tard, après avoir renoncé au trône et embrassé le catholicisme, Christine se retira à Rome elle y emporta ses tableaux qui, à sa mort, survenue en 1 689, devinrent la propriété de don Silvio Odescalchi, duc de Bracciano; ses héritiers les vendirent au Régent. Son fils, scandalisé de l’expression voluptueuse de ces tableaux, prit la résolution de les détruire. Il commença par enlever et par brûler les deux tètes de l lo et de la Léda , coupa ce dernier tableau en trois morceaux et abandonna le tout à Antoine Coypel, directeur de sa galerie, qui