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ACTE DE RENONCIATION DE M. DE ROISFREMONT

Par-devant Me Cazes et son collègue, soussignés, notaires royaux à Paris, fut présent :

M. Charles-Pompée Leboulangcr de Boisfremont, propriétaire à Paris, rue du Bocher, n° 34;

Lequel, après avoir pris connaissance des forces et charges de la succession de M. Pierre-Paul Prud’hon, peintre d’histoire, membre de l’Institut et de la Légion d’honneur, décédé à Paris le 16 février 1823, ainsi que du contrat de mariage de Mlle Emilie

CONCLUSION

s appiocha do moi en me demandant si j’étais parent du déJunt, car je fondais en larmes. Je sentais vivement la perte que je venais de faire. M. Prud’hon avait été si bon, si doux et ses conseils si précieux pour moi ! »

Prud’hon n’a pas fait école. Il n’a laissé aucun de ces élèves qui continuent les traditions d’un maître

Prud’Iion, fille dudit sieur PrH’hon, passé devant Me Rouquairol, notait e à la Chapelle-Saint- Denis, en présence de témoins, le 4 septembre 1819, aux termes duquel contrat le défunt a fait donation entre-vifs a la dite d11, sa fille, qui l’a acceptée, d’une somme de quatre mille francs, à titre de constitution dotale, avec clause expresse de préciput, hors part et dispense de rapport, au moyen de laquelle donation la quotité disponible de la succession se trouve entièrement absorbée, a par ces présentes déclaré renoncer purement et simplement aux legs que ledit feu Prud’hon a fait en sa laveur suivant son testament olographe en date à Paris du onze février 1823, emegistré, signé, parafé et décrit par M. le premier président du tribunal civil de première instance de la Seine, et

déposé audit Me Rouquairol, par acte qu’il en a dressé le 13 mai 1823, enregistré.

Ledit M. de Boisfremont entendant que le testament susénoncé soit considéré comme nul et de nul effet en ce qui le concerne.

Dont acte fait et passé à Paris en l’étude, l’an mil huit cent vingt-trois, le quatorze août.

Et a le comparant signé avec les notaires après lecture.

Signé de Boisfremont, Cazes, Raud.

Enregistré à Paris, bureau n° 10, le 19 août 1823, fol. 188 registre n° 109, reçu 1 fr. 10c. dixième compris.

CONCLUSION

par des œuvres presque dignes de lui. Son talent était dans son imagination si féconde et si flexible, dans son cœur aimant, dans son sentiment original, absolument personnel, bien plus que dans sa manière. Or on peut enseigner des procédés et une méthode ; on ne transmet ni l’imagination, ni le cœur, ni le sentiment. On ne saurait lui assigner d ancêtres; il n a pas eu de postérité. Isolé au milieu des artistes de son temps, il restera solitaire dans l’histoire de 1 art. Il ressemble à ces météores qui, après avoir brillé quelques instants d’un vif éclat, rentrent poui toujouis dans la nuit éternelle. Il a disparu, mais ses œuvres nous restent, et les ravissantes fictions créées par son crayon et par son pinceau prendront de plus en plus leur rang, et de plus en plus délecteiont tous ceux qui aiment la beauté, car elles sont 1 expression paifaite de quelques-unes de ces idées que les esprits médiocres ne perçoivent qu’indistinctement et auxquelles le génie donne une forme absolue et définitive. Peintres, poètes, musiciens, artistes de toute sorte, on ne saurait assez vous rendre grâces de vos bienfaits ni vous célébrer avec trop de reconnais-

sance! C’est à vous qu’apparaissent, dans des visions sublimes, quelques-uns de ces points brillants dispersés sur la carte presque eflacée d un monde disparu ; c’est vous qui soulevez le manteau de plomb

CONCLUSION

cjui nous étouffe, et qui ouvrez à nos yeux charmés des échappées radieuses sur ce paradis de l’homme qui sent et qui pense, que Platon nommait un souvenir, que les chrétiens nomment une espérance. Aussi ce ne sont pas des moments inutiles ceux que les plus distraits, les plus frivoles, les plus affairés d’entre nous vont passer auprès de l’autel secret : ce ne sont pas des heures perdues celles que nous dévouons au culte de ce dieu sans prêtres et sans temples à qui 1 on a donné un nom démodé, suranné, ridicule, et que je dirai pourtant : V Idéal Ils ne sont pas insensés ces hommes de toutes les races et de toutes les conditions qui, depuis dix mille ans, sondent de leurs regards avides l’obscur problème. Ces aspirations vagues et passionnées, ces élancements du cœur, de 1 intelligence, des sens s adressent à ce quelque chose dont les plus rebelles subissent la contrainte et l’invincible attrait.

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