INTRODUCTION
Pendant notre stage dans le service de Monsieur le Professeur Poncet, nous l’avons entendu plusieurs fois appeler l'attention sur certaines formes d’ostéalgies et d’arthralgies indépendantes de toutes lésions anatomopathologiques. On les rencontre chez une certaine catégorie de malades, chez les femmes le plus souvent, etil s’agit, sans doute, dans ces cas, d'une manifestation hystérique du côté des articulations du squelette. Des faits de ce genre sont plus ou moins bien connus et il nous suffira de prononcer le nom de coxalgie hystérique pour éveiller toute une série de notions sur la pathogénie de cette pseudo-arthrite coxo-fémorale ou d’autres arthrites que l’on pourrait appeler « sine maleriâ ».
A propos de ces faits, M. Poncet nous signala l’exis-
tence chez certains sujets de tout le cortège sympto-
matique du mal de Pott ordinaire, c'est-à-dire d'une lésion tuberculeuse ou infectieuse de la colonne vertébrale, sans que l’on eut cependant affaire à la maladie connue sous ce nom. Il s'agissait d’un pseudo-mal de Pott, mal de Pott hystérique, ayant dû, en maintes circonstances, être confondu avec la maladie ainsi dénommée par le chirurgien anglais. Dans ces cas doivent rentrer les guérisons instantanées ou à brève échéance de formes pathologiques attribuées à la tuberculose ou à une autre infection.
Des faits de ce genre ne doivent pas être très rares à en juger par ceux qui nous ont été fournis par M. Poncet ; mais les premières observations qu'il avait fait publier ont dû passer plus ou moins inaperçues. En dehors des cas qu’il nous a communiqués, nous n'avons recueilli, dans la littérature chirurgicale, qu'un très petit nombre d'observations.
C'est après avoir vu, en 1882, dans son service à l'hôpital de la Croix-Rousse, une jeune fille qu’il traitait pour un mal de Pott vertébral supérieur, guérir instantanément, que M. Poncet songea, chez certains sujets, à des erreurs de diagnostic. Il nous a engagé à reprendre cette question du pseudo-mal de Pott: « mal de Pott hystérique », dénomination qu'il a donnée à cette forme pathologique et que nous trouvons employée pour la première fois dans le mémoire d’un de ses élèves, M, Charles Audry, paru dans le Lyon médicai, du 13 octobre 1887.
Fa,