SCÈNE VI
DIANA) souriante et familière.
A « tertous » bonsoir, Messieurs, Mesdames, la Compagnie!
CHLORISE, avec un étonnement ingénu.
Et pour moi il n'y a rien ?
MICHEL, aimable et insinuant.
Ma chère enfant, à vous deux vous formez une si belle fleur orchidéenne, qu'ovationnant l'étaminenous pouvons croire avoir ovationné du même coup le pistil.
DIANA
Que veut dire ce malin avec sa botanique ? Quelque inconvenance apparemment? Ahl que l'argent gâte les hommes.
MICHEL, mielleusement agressif.
Pas autant qu'il corrompt les femmes.
DIANA, cassante.
Nous verrons ça. — De quoi bavardait-on ici au milieu de ces pots et de ces brocs ?
LARBALESTRIER.
Belle déesse, ni plus ni moins que de la Mort, de la Vie Future et de l'Immortalité de l'Ame.
100 PSUKE
CHLORISE, ingénument.
Ah ! oui, des histoires de catéchisme.
DIANA
Tais-toi, petite belette. Contente-toi d'être jolie... et de m' aimer. (Enigmatique) C'est moi qui t'apprendrai le catéchisme. — Vous disiez donc, j'ai bien entendu (emphatique) de l'Immortalité de l'Ame!
CHABREVIÈRE, même ton.
Oui, Madame, de l'Immortalité de l'Ame ! pour vous servir. Et de la Mort !
DIANA
Et en buvant du Champagne ! Qu'on m'en donne. (Larbalestrier empressé la sert lui-même). A la santé de l'Ame! Et à son immortahté ! quoique je n'y croie pas pour un sou. (Elle vide la coupe) Quant à la Mort, nous en parlerons quand elle nousmettra la main au collet. — Et maintenant où faut-il s'asseoir dans la classe ? Ah! près de Monsieur Jacob, pour savoir s'il se rend compte, ce juif, (pas fâché, est-ce pas que je vous honore de votre nationalité?) du capital nécessaire pour corrompre une femme telle que moi . Quant à toi , Chlorise. . . (Hésitante) Tiens, il n'y a qu'une place...