SCÈNE VI
sa réalisation la plus familièrement démonstrative, celle... (puis-je dire devant ces dames?)
LARBALESTRIER.
Oui, oui, ne vous gênez pas. Les femmes en savent toujours plus que nous sur ce que, naïfs, nous croyons, par convenance, devoir leur taire.
ERFEKSEN, hésitant.
Il s'agit de l'évolution physiologique du fœtus pendant les neuf mois de la couvée intra-utérine par la mère; successivement poisson, grenouille, chien, singe, dit-on, homme enfin.
CHABREVIÈRE.
Des planches suggestives là-dessus ornent les manuels d'anatomie, jusque dans les écoles primaires. — Pourquoi, d'après vous, l'enceinte corporelle que bâtit l'Ame, en poussant sa chrysalide humaine, passe-t-elle par ces états à la fois déroutants et comiques? (A Chlorise.) Délicieuse voisine, daignez pardonner ce pédantisme, vous qui ne devriez entendre que des louanges et des soupirs.
104 PSUKE
CHLORISE.
Allez, allez, Monsieur, il y a temps pour tout. Ces entr' actes ne sont pas désagréables.
ERFEKSEN, discrètement professoral.
Ces états en les supposant aussi nets qu'on l'allègue (car il y a vraiment un peu de forcement dans ces analogies) sont-ils vraiment des rappels de transformation de l'Espèce et peuvent-ils être généralisés et élevés en loi à ce point que tous les êtres auraient procédé les uns des autres depuis l'informe gélatine du protoplasme originaire jusqu'à Y Homo sapiens, que nous croyons être en attendant mieux encore, de telle sorte que nous ne serions qu'une accumulation de caprices de la Nature? Peut-on vraiment croire, par exemple, que les Mégalosaures furent une simple étape de transformation, que les germes de ces colosses se sont dissous, se sont « défaits » dans la vie universelle, en même temps que leur membrure et qu'ils ne reparaîtront pas si la Terre, redevenue vapeur, repasse par le stade où ils rampaient parmi les forêts de fougères gigantesques ? (Aux dames,