ACTE II
qui vous emportait dans les airs; mais nous ignorions où il vous conduisait.
DAFNÉ.
Et nous avions cru d’abord que Vénus ne vous faisait enlever que pour vous livrer à quelque monstre effroyable.
PSVCHÉ.
Eh bien, réjouissez-vous ! car la colère de Vénus cesse de me poursuivre ; et, de monstres, je n’en ai pas encore vu.
BÉRÉNICE et DAFNÉ, k l'unisson.
Nous nous réjouissons aussi.
BÉRÉNICE
Et nous vous remercions d’avoir pensé à nous, car c’est vous, sans doute, qui nous avez envoyé cet impertinent pour nous conduire ici?
PSYCHÉ
Qui, Argur?
BÉRÉNICE
Lui-même.
DAFNÉ.
11 est vrai qu’il m’a serré la main fort librement !
BÉRÉNICE
Il m’a pris la taille, à moi!... Mais laissons cela, et racontez-nous enfin par quel pouvoir surhumain vous êtes en ces lieux ; car voici trois jours qu’il n’est question dans toute la Grèce que de votre aventure.
PSYCHÉ
Trois jours, dites-vous ? il n’y a pas une heure que je suis ici.
DAFNÉ.
Vous raillez, sans doute ! Nous avons eu le temps d’épouser Gorgias et Àntinoüs depuis votre départ.
PSYCHÉ
Quoi! Gorgias...
PSYCHÉ
BÉRÉNICE
Est mon épouxj et Antinous est celui de ma sœur.
DAFNÉ.
C'est hier qu’on a célébré nos noces.
PSYCHÉ
Tant de choses extraordinaires m’arrivent que celle-là ne saurait m’étonner. — Il faut croire que les journées de ce pavs-ci sont plus longues que celles du vôtre. — Quoi qu’il en soit, j’apprends avec joie votre mariage, et je réponds à cette bonne nouvelle en vous annonçant le mien.
DAFNÉ.
Comment !
BÉRÉNICE
Sans le consentement de votre père ?
• PSYCHÉ
Pouvais-je résister à celui qui m’a sauvée de la mort ? Et qui pourrait lui résister?... Sa voix est si douce!... Voyez, mes sœurs, c est lui qui m a donné ce séjour pour royaume.
BÉRÉNICE
En vérité ? - -,
PSYCHÉ
Je suis ici souveraine maîtresse, et je n’ai qu’à faire un signe pour être obéie.
DAFNÉ.
Je vous en fais mon compliment.
BÉRÉNICE
Voilà certes un mari fort amoureux.
DAFNÉ.
Mais ce mari, quel est-il ?
BÉRÉNICE
En ellet^vous ne nous avez pas encore dit son nom.
PSVÇHÉ, irouhlée.
Son nom?...