ÉROS, MERCURE
• MERCURE
Eli bien ! seigneur Éros, seigneur Cupidon, aimaBle fils de Vénus, nous voici arrivés. — Trouvez-moi, je vous prie, un nautonier plus habile ! — Vous ai-je fait faire fausse route ? ai-je ramé mollement ? ne sommes-nous pas descendus sains et saufs à l’endroit même où nous devions descendre ? — Voyez, voici le bois de myrtes et d’oliviers qui avoisine le temple; voici l’autel des sacrifices, et là-bas, au pied.de la colline, les maisons blanches de Mytilène.
ÉROS
C’est là que respire Psyché ?
mercure;
L’insolente Psyché dont Vénus, votre mère, a juré la perte.
ÉROS
Pour la punir du crime d’être belle.
Et quel crime plus grand aux yeux d'une rivale ! Ne voulez-vous pas qu’une chétive mortelle ait le droit de paraître aussi jolie que la plus charmante de nos déesses? Permettrez-vous à la fille la plus humble de la terre de se croire issue du sang des dieux pour avoir tourné la tête d’un prince imbécile, ou ébloui les yeux de quelques bonnes gens! — Faudra-t-il enfin que Vénus se résigne à voir, un jour, son temple désert et ses autels abandonnés, pour les beaux yeux d’une coquette qui la brave et qui lui vole ses adorateurs ?
ÉROS
Et qui te dit que Psyché soit si fière de son triomphe ? Comment lui en vouloir, d’ailleurs, des attraits que le ciel