‹ Psyché: poëme (volume 2)Chapitre 23 sur 68 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

ANtÉE

Premier-né de la terre, hôte des bois antique^ Où l'aigle parle avec les chênes prophétiques ; Toi qu'entre ses lions et ses sphinx ^ux grands yeux Cybèle a de son lait nourri sur les hauts lieux, poète ! ô géant à Tétroit dans les vUles, Coursier impatient des entraves civiles.

Contre Thommc et ses dieux ta vie est un combat, Et l'Hercule vulgair^^t fier quand il t'abat; Car de son corps stupide, animé par la rage.

Souvent la pesanteur prévaut sur ton cour^^.

Et toi^ par la douleur et la honte a£EBiibli; Tu roules sous ses pieds, dans Therbe enseveli, Pouttnt à peine, hélas ! jusqu'aux forêts obscui*es Ramper pour y mourir, en cachant tes blessures. L'homme alors, t'infligeant son rire âpre et moqueur. Dit qu'u^ monstre ^st dompté par Hercule vainqueur.

Biais sitôt que, touchant la terre maternelle, Ta poitrine meurtrie a palpité contre elle, Xiae ta bouche, appliquée à son sein toujours vert, A bu dans une fleur la sève du désert ; Sitôt que la nature, avec toi seul à seule.

Baise ton front saignant de ses lèvres d'aïeule, prodige ! ton corps se dresse, et, rajeuni.

Dans tes veines In sens circuler Finfini.

Des fluiies divins, cachés dans la rosée.

Ton âme s'est nourrie et s'est cicatrtiée; Et tu vas fièrement à des combats nouveaux, sublime vaincu! défier tes rivaux.

Ta mère t'a vêtu d'une aranare céleste; .

Rapide, tu brandis tes poings couverts du ceste ; Tes bras sur le vainqueur, dans sa gloire troublé. Frappent comme un fléau sur la gerbe de blé ; Et le monde, étonné de ta métamorphose.

Voit flécWr siu* ses reins le lutteur de la prose.

PuisMpie ainsi, créttrice à chaque embrassemént, La nature te fait revivre en un moment, Puisqu'elle t'a livré le secret d« ta force, B'un ennemi rusé, poète, fuis l^amorce.

^ Quand tu veux résister à notre âge d'airain> . ^

Combats dans le désert : c'est làto^ vrai terrain; Car du sol immortel où tu puises ta sève Si le hasanlt'écc»rte> et si l'hi^itiie t'enlève>

Si l'homme est assez fort pour l'attirer un peu Hors du sein maternel où tu respires Dieu, Poëte, c'en est fait, tu n'auras plus d'haleine, El THercule au front bas t'étôuffera sans peine ; Comme im enfant romprait ta flûte de roseaux, Sur son genou de pierre il brisera tes os.

Donc, reste, pour livrer ces batailles si rudes.

Plongé dans la nature, ô fils des solitudes I

Suis ses divins conseils, qu'ici nous oublions ;

Va dans l'aire de l'aigle et l'antre des lions.

Dans les grottes des sphinx qui pour l'homme sont closes.

Te nourrir, ô géant, de la moelle des choses I

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