‹ Psychologie de l'attention [electronic resource]Chapitre 25 sur 47 · Autobiographie, p · texte numérisé non relu

Autobiographie, p

nier degré de concentration, jusqu'au monoidéisme absolu; il nous permet de plus de répondre à une question souvent agitée et qui n'a été tranchée que théoriquement : Un état de conscience uniforme peut-il subsister? Il semble que le témoignage de quelques mystiques permet une réponse affirmative. Certes, c'est une vérité positive et banale que la conscience ne vit que par le changement. Elle est reconnue depuis Hobbes au moins : u Idem sentire semper et non sentire, ad idem recidunt » ; mais cette loi est enfreinte chez quelques individus exceptionnels, dans des cas très rares et pendant très peu de temps. Dans l'extase ordinaire, la conscience atteint son maximum de rétrécissement et d'intensité, mais, elle conserve encore la forme discursive : elle ne diffère d'une attention très forte qu'en degré. Seuls les grands mystiques, d'un élan plus vigoureux, sont arrivés au monoïdéisme absolu. Tous, dans tous les pays, dans tous les temps, sans se connaître, ont considéré l'unité parfaite de la conscience, P^Evamç, comme la consommation suprême de l'extase, rarement

atteinte. Plotin n'avait obtenu cette faveur que] quatre fois dans sa vie, selon Porphyre, qui ne l'obtint lui qu'une fois, à l'âge de soixante-six ans l. A ce point extrême, la conscience ne peut] longtemps durer : ce qu'ils déclarent. Mais cette] instabilité qu'ils expliquent à leur façon, parleur* indignité d'un pareil bonheur, par l'impossibilité pour un être fini de devenir infini, s'explique en réalité 'par des causes psychologiques et physiologiques. La conscience est placée en dehors de ses conditions nécessaires d'existence, et les éléments nerveux qui sont les supports et les agents de cette prodigieuse activité ne peuvent y suffire longtemps. Alors, on retombe à terre, on redevient « le petit ànon qui s'en va paissant ».

L'affaiblissement de l'attention est extrême dans la manie, qui consiste, comme on le sait, en une surexcitation générale et permanente de la

Page 1