‹ Psychologie de l'éducationChapitre 22 sur 127 · Enquête, t. II, p. 391. Lavollée, docteur ès lettres · texte numérisé non relu

Enquête, t. II, p. 391. Lavollée, docteur ès lettres

2. Enquête, t. II, p. 661 De Courbertin, chargé de missions relatives à l'étude des divers systèmes d'éducation.

3. Enquête, t. II, p. 652. Rocafort, professeur de rhétorique.

4. Enquête, t. I, p. 313. Léveillé, professeur à la Faculté de droit de Paris.

l'enseignement universitaire

Rien n'est plus exact que cette dernière assertion. Notre Université ne fabrique que des rêveurs et des discoureurs, étrangers au monde où ils sont appelés à vivre.

Ils sont surtout incapables d'agir sans appui. Au foyer familial, c'est la main maternelle qui les guide. Au collège, c'est la main du pion. Jetés dans la vie, ils resteront désorientés tant que l'État né les guidera pas à son tour.

La peur des responsabilités est signalée aujourd'hui comme une des caractéristiques du Français, en particulier de la bourgeoisie. Ce qui tendrait à prouver que le régime scolaire des collèges est bien pour quelque chose dans cette dangereuse maladie de la volonté.

... Où trouverait-on en France de ces enfants que j*ai vus à l'étranger? L'un, âgé de dix ans, s'en allait seul de Londres à Saint-Pétersbourg; — une escouade de huit ou dix collégiens étaient établis sous la tente dans une île du Saint-Laurent pendant la moitié de leurs vacances. Ils vivaient de pêche et de ahasse. A vingt-cinq ans ces élèves pourront coloniser*.

Certes non, on ne rencontre pas une telle valeur et de telles aptitudes chez nos pauvres lycéens tout effarés dès qu'ils n'ont plus un surveillaiît derrière eux, pour les faire marcher. Prendre un billet de chemin de fer tout^ seuls, pour rejoindre le domicile paternel pendant les vacances, constitue une difficulté à laquelle peu de familles osent les soumettre. Toujours ils porteront les traces de ce défaut d'éducation première.

Toutes les personnes qui ont voyagé ont pu vérifier la justesse du passage suivant emprunté au rapport de M. Raymond Poincaré, ancien ministre de l'Instruction publique, devant la Commission.

Je ne connais pas d'humiliation plus profonde que celle qu'on 1. Enquête, l. II, p. 262. Pasquier, recteur à Angers.

PSYCHOLOGIE DE l'ÉD^UCATION

éprouve quand on rencontre des Français à l'étranger. Rien n'est aussi triste. Le Français, hors de France, est dépaysé, incapable de répondre à quoi que ce soit^.

Et pourquoi est-il si dépaysé? Toujours pour la même raison, que n'ayant jamais appris à se diriger, il ne sait pas se conduire lorsque personne n'est plus là pour le guider. Il ne voit rien, ne sait rien, ne ( omprend rien. On peut le définir avec M. Payot, un emmuré :

On a appelé les aveugles du nom d'emmurés : mais nos élèves sont plus emmurés que les aveugles, qui eux, du moins, ne sont privés que d'un seul sens. A la suite de l'atrophie qui affaiblit progressivement les centres" nerveux qui demeurent longtemps inactifs, ils finissent par être presque totalement privés de l'usage de leurs cinq sens ^.

Aussi, non seulement ne savent-ils pas se conduire, mais encore soiit-ils incapables de toute réflexion. Le même auteur Ta exprimé devant la Commission dans les termes suivants :

Ils ne savent pas penser personnellement parce qu'ils ont été toute leur vie d'écoliers victimes d'un bourrage qui les a rendus incapables de réflexion.

D'autre part, par ce procédé, on les dégoûte des lectures; ils n3 prennent aucun appétit pour les choses que nous leur enseignons. Ils sont dans la situation d'un enfant qu'on gaverait de nourriture 3.

Parmi les défauts artificiellement créés par notre misérable système d'éducation, un des plus curieux au point de vue psychologique, bien que des plus faciles à prévoir, est Tindifférence profonde qu'éprouvent nos jeunes gens pour le monde extérieur, indilTérence égale à celle du sauvage à l'égard des

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