Séguin, loc. cit
leur besoin de se vanter est tel qu'ils inventent couvent de toutes pièces des histoires qui sont la plupart du temps bien loin d'être à leur honneur. Il n'en est pas de même des idiots dont l'imagination n'est du reste pas assez vive pour inventer ainsi des choses qui ne sont pas arrivées, et ils sont en général modestes.
La vanité et la coquetterie qu'on remarque chez les idiotes sont des moyens puissants pour leur instruction et leur progrès. « Presque toutes, dit Séguin l, car je n'y connais pas d'exception pour ma part, sont susceptibles d'attention, d'activité, de patience, quand on touche habilement en elles ces cordes-là, mais si la coquetterie de toilette n'offre pas de grands dargers, et si l'on peut en user presque sans inconvénient, l'autre, la vanité personnelle côtoie des penchants qu'il ne faut flatter qu'avec une circonspection extrême. »
Nous avons vu à propos des instincts, que cerlains idiots ou imbéciles possédaient des tendances aitistiques, en particulier pour la musique, moins souvent pour le dessin et la sculpture. Nous ne reviendrons donc pas ici sur cette question. Nous chercherons seulement à voir si, à côté de ceux qui possèdent ces instincts artistiques d'une façon assez marquée pour les manifester, soit par leur facilité à retenir les airs, à en composer, à jouer de certains instruments, à copier ce qu'ils voient, soit en dessin, soit en modelage ou par tout autre procédé, il en est qui éprouvent certains sentiments esthétiques, qui sont capables de discerner ce qui est beau de ce qui est laid, et de ressentir une véritable émotion à l'audition et à la vue de belles choses. Rien n'est plus instructif à cet égard que d'assister à un concert donné