‹ Psychologie des foules (volume 3)Chapitre 24 sur 65 · FRE · texte numérisé non relu

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often ce que l'instruction pourrait exercer. — Exe ne nie fournis par divers Pr Ÿ va

8 ‘établissent leurs opinions et leurs croyances. .

Les facteurs qui déterminent ces opinions etces croyances sont de deux ordres : facteurs lointains et facteurs immédiats. | Les facteurs lointains rendent les foules capables &’adopil ter certaines convictions et inaptes à se laisser pénétrer | par d' autres. Ils préparent le terrain où l’on voit sem tout à coup des idées nouvelles, dont la force et les résultats étonnent, mais qui n’ont de spontané que l'apparence. L'explosion et la mise en œuvre de certaines idées) chez les foules présentent quelquefois une soudaineté fous droyante. Ce n’est là qu’un effet superficiel, derrière lequel on doit chercher le plus souvent un long travail HER

Les facteurs immédiats sont ceux qui, superposés à ce long travail, sans lequel ils ne pourraient agir, pro» voquent la persuasion active chez les foules, c’est-à- dire font prendre forme à l'idée et la déchaînent avec toutes! ses conséquences. Sous la poussée de ces facteurs immé= diats surgissent les résolutions qui soulèvent brusquement les collectivités ; par eux éclate une ‘émeute ou se décide! une grève; par eux des majorités énormes portent un homme au pouvoir ou renversent un gouvernement.

Dans tous les grands événements de l’histoire, on conse tate l’action successive de ces deux ordres de facteurs. La Révolution française, pour ne prendre qu’un de

acilement que les formes extérieures. Sans traditions, ’est-à-dire sans âme nationale, aucune civilisation n’est P ossible, |

F Aussi les deux A occupations de l'homme depuis qu il existe ont-elles été de se créer un réseau de traditions puis de les détruire lorsque leurs effets bienfaisants sont usés. Sans traditions stables, pas de civilisation ; sans la lente élimination de ces traditions, pas de progrès. La difficulté est de trouver un juste équilibre entre la sta-

\bilité et la variabilité. Cette difficulté est immense. Quand un peuple laisse ses coutumes se fixer trop solidement “pendant de nombreuses générations, il ne peut plus évo- Juer et devient, comme la Chine, incapable de perfectionnement. Les révolutions violentes elles-mêmes deviennent impuissantes, car il arrive alors, ou que les fragments brisés de la chaîne se ressoudent, et alors le passé reprend sans changements son empire, ou que les fragments dis- \persés engendrent l’anarchie et bientôt la décadence. = Aussi la tâche fondamentale d’un peuple doit-elle être Fe garder les institutions du passé, en les modifiant peu

. Tâche difficile. Les Romains dans les temps anciens, Îles Anglais dans les temps modernes, sont à peu près | Les seuls à l'avoir réalisée.

Les conservateurs les plus tenaces des idées traditionnelles, et quis "opposent le plus obstinément à leur | changement, sont précisément les foules, et notamment les catégories des foules qui constituent les castes. J'ai | déjà insisté sur cet esprit conservateur et montré que beaucoup de révoltes n’aboutissent qu'à des changements de mots. À la fin du dernier siècle, devant les églises étroites, les prêtres expulsés ou guillotinés, la persécution. universelle du culte Re on pouvait croire que

68 PSYCHOLOGIE DES FOULES e - L2 . . 4 les vieilles idées religieuses avaient perdu tout pouvoir ;

et cependant après quelques années les réclamations universelles amenèrent le rétablissement du culte aboli (1).w Aucun exemple ne montre mieux la puissance des tra-

ditions sur l’Ame des foules. Les temples n’abritent pas les idoles les plus redoutables, ni les palais, les tyrans les | plus despotiques. On les détruit facilement. Les maitres. invisibles qui règnent dans nos âmes échappent à tout. effort et ne cèdent qu’à la lente usure des siècles.

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