‹ Psychologie des foules (volume 3)Chapitre 44 sur 65 · CLASSIFICATION DES FOULES · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DES FOULES

) . Nous avons prouvé dans cet ouvrage que la psychologie Le hommes en foule différe essentiellement de leur psychologie individuelle, et que l'intelligence ne soustrait l jas à cette différenciation. Nous avons vu que dans les léollectivités, elle ne joue aucun rôle. Seuls des sentiments | Do peuvent alors agir.

Un facteur fondamental, la race, permet de diviser léssez nettement les diverses foules hétérogènes. | L Nous sommes plusieurs fois déjà revenu sur son rôle et avons montré qu’elle est le plus puissant facteur capable de déterminer les actions des hommes. Son influence se manifeste également dans les caractères des foules. Une multitude composée d'individus quelconques, mais tous Anglais ou Chinois, diffèrera profondément d’une autre leomposée d'individus également quelconques, mais de races variées : Russes, Français, Espagnols, etc. Les profondes divergences créées par la constitution mentale héréditaire dans la façon de sentir et de pen- \ser des hommes, éclatent dès que certaines circonstances, lassez rares d’ailleurs, réunissent dans une même foule, ‘en proportions à peu près égales, des individus de natio- Inalités différentes, quelque identiques que soient en apparence les intérêts qui les rassemblent. Les tentatives failes par les socialistes pour fusionner dans de grands ongrès les représentants de la population ouvrière de lehaque pays, ont toujours abouti aux plus furieuses dis- Jcordes. Une foule latine, si révolutionnaire ou si conservatrice qu’on la suppose, fera invariablement appel, pour Péaliser ses exigences, à l'intervention de l'État. Elle est oujours centralisatrice et plus ou moins césarienne. Une oule anglaise ou américaine, au contraire, ne connait pas l'État et ne s'adresse qu’à l'initiative privée. Une foule française tient avant tout à l'égalité, et une foule

anglaise à la liberté. Ces différences de races engendrent | presque autant d'espèces de foules qu’il y a de nations. L'âme de la race domine donc entièrement l’Ame ca* la foule. Elle est le substratum puissant qui limite sex. oscillations. Les caractères inférieurs des foules sont d'au tant moins accentués que l’âme de la race est plus forte C’est là une loi essentielle. L'état de foule et la domi-’ nation des foules constituent la barbarie ou le retour à la barbarie. C’est en acquérant une âme solidement EE tituée que la race se soustrait de plus en plus à la puis-. sance irréfléchie des foules et sort de la barbarie. 1 En dehors de la race, la seule classification importante à faire pour les foules hétérogènes est de les séparer enf foules anonymes, comme celles des rues, et en foules! non anonymes, les assemblées délibérantes et les jurés” par exemple. Le sentiment de la responsabilité, nul chezs les premières et développé chez les secondes, donne à leurs actes des orientations souvent différentes. |

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