M. INÀUDI. — EXERCICES DE CALCUL MENTAL
Les opérations que M. Inaudi exécute sont des additions, des soustractions, des multiplications, des divisions, des extractions de racines; il résout par l’arithmétique des problèmes correspondant à des équations du premier degré, et, en outre, un de ses exercices favoris est de dire le jour correspondant à une date quelconque qu’on lui indique. Ce sont là pour lui des exercices de calcul mental. Nous entendons par ce mot calcul mental un calcul qui est fait de tête, sans que la personne emploie la lecture des chiffres, ou l’écriture, ou un moyen matériel quelconque ayant pour but de soulager la mémoire. Le calcul mental est donc un calcul fait de mémoire.
Pour bien se rendre compte des facultés d’une personne, il faut examiner comment elle exécute les actes dont elle a l’habitude et l’étudier autant que possible dans son milieu. Nous commencerons par décrire les
3G PSYCHOLOGIE DES GItANDS CALCULATEUIIS.
exercices qui sont habituels à M. Inaudi, et qu'il montre régulièrement chaque soir sur un théâtre.
A chaque représentation, il fait simultanément et de mémoire les opérations suivantes : 1° une soustraction entre deux nombres de vingt et un chiffres; 2° une addition de cinq nombres de six chiffres chacun; 3° le carré d’un nombre de quatre chiffres; 4° la division de deux nombres de quatre chiffres; 5° la racine cubique d’un nombre de neuf chiffres ; 6° la racine cinquième d’un nombre de douze'chiffres
Voici comment M. Inaudi fait ces opérations, quand il est en représentation. Des personnes de l’assistance disent les chiffres. M. Inaudi les répète à mesure, pour s’assurer qu’il est d’accord avec toutes ces personnes, et l’imprésario écrit sur de grands tableaux noirs les chiffres dits, sous la dictée de M. Inaudi. M. Inaudi ne se tourne pas une seule fois vers les tableaux noirs; il reçoit les chiffres et les nombres par l’audition, et, comme nous le verrons tout à l’heure, il se sert de la mémoire auditive. Pendant toute la durée des calculs, M. Inaudi reste bien en face de l’assistance, bras croisés. Quand la série de chiffres nécessaire à une des opérations est écrite à la craie sur le tableau noir, M. Inaudi la fait énoncer par son imprésario, qui a soin de prononcer les chiffres lentement, en les articulant avec force. M. Inaudi répète ensuite les chiffres. Quelquefois il fait la répétition avant celle de l’imprésario, qui se contente dans ce cas de rectifiei scs
1. Le nombre et la valeur des racines varient suivant les jours, puisque les opérations sont proposées par les spectateurs. M. Inaudi n’accepte pas de problèmes en scène.