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OBSESSIONS

La plupart des troubles émotifs que nous venons d’énumérer, lorsqu’ils deviennent permanents, s’imposent en obsession. L’obsession, en effet, n’est qu’un trouble psycho-émotif passé à la chronicité. Chez l’obsédé, la peur, le doute, le scrupule, l’impulsion, ne surviennent plus par intermittences, avec des répits passagers : mais ils s’installent à demeure, dominent sa conscience, torturent son esprit sans repos ni ni trêve. Sans cesse il lutte contre la représentation parasitaire, triomphant quelquefois au prix des plus affreuses angoisses, cédant souvent pour se procurer le bref soulagement de la détente consécutive. Car qui dit obsession, dit lutte : et c’estce caractère de lutte qui différencie l’obsession de l’idée lixe des hystériques,

des délirants, des travailleurs. Alors que l’idée

(1) Ps’jchopathia Sexualis. Traduction française, Paris,

COMPLICATIONS PSYCHIQUES

fixe est acceptée par le malade, est incorporée dans sa synthèse mentale, devient souvent le centre de son délire, le but de son élaboration psychique, l’obsession est rejetée par lui, combattue comme un élément parasitaire qui s’impose malgré la volonté. Permanence du trouble émotif et lutte contre son objet, tels sont donc les caractères de l’obsession.

Mais quel que soit l’objet de cette obsession, peur, doute, scrupule, impulsion, etc. malgré ses formes différentes, elle possède au fond la même structure psychologique. Comme le dit excellemment Régis: « En réalité, toutes les obsessions idéatives, quelles qu’elles soient, représentent de simples variétés d’un seul et même syndrome dans lequel l’idée, variable et changeante d’ailleurs, n’est que la traduction intellectuelle, le revêtement extérieur de de l’anxiété psychique (1). » C’est bien ainsi qu’il faut comprendre l’obsession et je partage entièrement cette manière de voir.

(1) Régis, Précis de Psychiatrie, Paris, 190G, p. 98.

D’autres névroses ou psychoses s’associent enfin à la neurasthénie, s’exagèrent à sa faveur : tels sont les accidents hystériques, l’hypochondrie, la mélancolie.

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