‹ Psychologie des sectesChapitre 2 sur 53 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

La Psychologie des Sectes se présente au public après mes deux autres ouvrages : La Foule criminelle et Le Crime à deux, qui eurent également l'honneur d'être traduits en français. Ce n'est donc pas ici le lieu de dire à mes lecteurs (si tant est qu'il s'en trouve) que celte étude est en corrélation intime avec mes volumes précédents et s'attaque par un nouveau côté ayi problème, si intéressant, de la psychologie collective.

En France, ce problème depuis mon premier essai a donné à quelques savants l'occasion d'écrire des pages pleines d'éloquence. J'en ai été heureux, parce que cela démontrait que le sujet que j'avais choisi était du plus haut intérêt; et je me plais à reconnaître que j'ai fait le plus grand cas des observations si neuves et si justes qui me sont venues des savants français.

Je ne me dissimule pas que ce livre suscitera bien des critiques et que l'on traitera de paradoxes quelques-unes des opinions y exposées. Tant que nos études de psychologie collective se bornaient au monde des criminels, il demeurait bien improbable qu'on élevât contre nous beaucoup de pro-

testalions. Maintenant que nous avons passé de la foule criminelle à la secte... plus ou moins criminelle, et que nous avons voulu discuter la moralité et l'immoralité des hommes et des milieux politiques, les protestations ne peuvent manquer. Nous touchons à un sujet trop délicat pour ne pas voir surgir une réaction naturelle et spontanée. Mais ne nous plaignons pas des critiques : nous autres positivistes, si nous disons ce que nous pensons à haute et intelligible voix, c'est que nous ne prétendons pas tenir la vérité renfermée dans notre main. Que dis-je? La polémique nous plaît parce que c'est dans la science le moyen d'approcher de la vérité, de même qu'en politique la lutte des partis est un moyen de parvenir à la liberté.

Je désire seulement indiquer ici que l'appendice Contre le parlementarisme a été écrit il y a trois ou quatre ans ; il a eu pour point de départ l'étude des conditions particulières où se trouvait, et où se trouve encore malheureusement, le Parlement italien. J'ignore si les observations qu'il renferme peuvent s appliquer à la vie parlementaire française. Mais, en tout cas, la plupart des remarques, étant basées sur des données objectives de la psychologie générale, peuvent avoir autant de valeur pour le Parlement de Paris que pour celui de Rome. Aux lecteurs impartiaux d'en juger.

Rome, 14 décembre 1897^

Scipio SlGHELE.

La direction de la Bibliothèque Sociologique Internationale se croit tenue de rappeler ici, comme elle l'a fait pour d'autres travaux, que la Bibliothèque n'entend suivre aucune ligne politique particulière. Elle accueille les ouvrages scientifiques, tels que celui de M. Sighele, en raison de leur mé- .rite et du talent de leurs auteurs, sans prendre à son compte ni leurs théories sociales, morales ou politiques, ni leurs jugements sur les individus, en particulier sur les hommes d'Etat contemporains. La Bibliothèque est neutre et elle s'ouvre à l'expression de toutes les convictions sincères et de toutes les doctrines cohérentes et raisonnées.

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